- Kauéhi -

RiriFatu et Terai

La maison blanche de Ririfatu... un amer sur les cartes...

Ririfatu avec le tableau de nacre que nous avons réalisé ensemble.

Elanore et Terai

 

" A chaque fois que l'on parle de notre départ de Kauehi, j'ai l'impression de parler d'une trahison, celle avec Ririfatu et Terai, sa femme. Dès que Ririfatu nous a aperçu, il nous a fait un grand signe de la main pour nous inviter à nous approcher, et depuis, nous passons toutes nos journées ensemble, et beaucoup de nos repas en leur compagnie, si nous ne revenons pas chargés de cuisses de poulet, de pain, sortis de son congélateur et refusant les boites de conserve qu'il veut nous offrir.
Cet accueil, cette générosité fait réfléchir: si des inconnus – plutôt très différents de moi physiquement- venaient installer leur caravane en face de ma maison en France, est-ce que je les inviterais à partager mes repas, est-ce que je les couvrirais de cadeaux, ou est-ce que je leur enverrais mes chiens – je n'ai jamais eu de chien? "...

" Notre guide, notre passeur, celui qui est devenu notre ami c'est Ririfatu. Ririfatu sculpte la nacre, réalise des tableaux de nacres, il passe des après-midis courbé sur sa meuleuse, de la poussiére grise s'échappe de ses doigts, comme les pensées d'une tête. De ses doigts naissent les fleurs, les raies, les banderoles, les actions de grâce. Pierre l'aide au dessin, lui ouvre l'imagination vers de nouveaux motifs. Tous les jours, nous sommes chez Ririfatu, Pierre et lui travaillent la nacre, Elanore apprend à marcher, se baigne entourée de petits poissons dans l'eau turquoise, je discute avec Terai, rend visite à Joséphine, ou je vais avec Joël et Anne Marie promener leur chien Zaza. " ...

" Ririfatu habite entre le petit lagon et le grand lagon, l'un pour chasser le varo, l'autre pour les bénitiers, il habite sur un petit isthme de l'île, sa salle à manger ouvre sur le bleu du lagon. Sa maison blanche est un amer sur les cartes marines, un amer maintenant pour nous. "

 

 

 

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