Toau
  15° 53,200' S - 145° 54,545' W 
Anse Amiot à partir du 15 (15°48,170' S - 146° 09,065' W)
   
Du 14 au 26 novembre 2007

Décidément on dirait que notre séjour polynésien est placé sous le signe astrologique de l'annexe...

On plaisante avec Joël sur notre récente perte et voila, à la fin de la soirée on s'aperçoit que son annexe à disparu!

Du coup je me suis demandé si la mise en place de la SPA (en cours d'élaboration au moment des faits) était toujours aussi pertinente...

Lat

Caracolito au mouillage dans l'anse amiot

Oukiok, au largue, navigue de conserve avec Caracolito.

 

Nous avons mouillé à l'entrée de la passe de Kauéhi, Nous attendons la nuit pour partir. La distance qui nous sépare de Toau est courte, mais trop longue pour pouvoir être parcourue dans la journée. L'endroit est poissonneux. Nous apercevons des thons chasser à une centaine de mètres du bateau. mais le ciel est gris et nous n'osons pas nous mettre à l'eau pour une rapide vision de la faune à l'extérieur du lagon... L'image du méchant requin qui poursuit le papa de némo est présente dans notre esprit.

Nous naviguons donc de nuit pour arriver au petit matin et profiter du maximum de temps avec le soleil haut, condition indispensable pour naviguer dans un lagon.

En entrant au petit matin dans l'atoll de Toau, nous apercevons Oukiok, parti de Kauéhi quelques jours plus tôt. Ils ont fait un détour par Fakarava pour récupérer leurs amis Bruno et Magali. Nous essayons de les rejoindre mais ils ont mouillé dans un véritable labyrinthe. Heureusement Joël vient nous chercher avec son annexe et nous guide. Nous les rejoignons le mouillage est parsemé de patates de corail.
Rapidement nous gagnons un autre mouillage.

Nous passons la soirée à bord d'Oukiok. mais au moment de rentrer on se rend compte que leur annexe est partie, mal attachée...
Le lendemain nous naviguons de conserve vers l'anse Amiot où Joël espère trouver un speedboat pour l'aider à rechercher l'annexe à travers le lagon.

La sortie à travers la passe est assez impressionnante. La passe est orientée vers l'est, nord est. Le vent vient de l'est et le courant sort, contre le vent. Un énorme mascaret marque la sortie. Des vagues très abruptes, jusqu'à deux mètres de haut, mais surtout très proches à peine 10 mètres d'amplitude.

Oukiok choisit de passer au moteur, nous hissons les voiles et éteignons notre moteur, dans ce bouillonnement, le hors-bord est inutile. Nous voyons le mat d'oukiok s'agiter dans tous les sens, le bateau se cabrer, lever des gerbes d'écume.

Les voiles bordées à plat pour remonter au vent, les harnais cappelés, nous nous engageons dans le bouillon. Caracolito s'appuie sur le vent ce qui limite les mouvements désordonnés du bateau. Nous ne roulons pas mais subissons un fort tangage. Rapidement la vitesse par rapport à l'eau tombe à zéro, c'est le courant sortant qui nous propulse hors de l'atoll à plus de 4 noeuds. Nous abattons légèrement pour reprendre de la vitesse, rester manoeuvrant et gagner les bords du flux moins agités. Nous avons rejoint Oukiok, Caracolito a montré une fois de plus ces qualités marines: pas une vague ne nous a éclaboussés.

 

Pendant la courte traversée pour aller à l'anse Amiot, Elanore refuse de s'assoir et reste obstinément debout dans le cockpit

 

L'anse Amiot

A l'arrivée, Moana et Dick nous accueillent pour nous indiquer une bouée où amarrer le bateau

C'est l'anniversaire de Moana, l'occasion de griller un agneau, de faire un gateau et de boire des bières...

Hélène tente d'aprivoiser notre nouvelle annexe...

Vaia, la reine de beauté de Toau

Je m'improvise coiffeur et coupe les cheveux à la moitié des hommes présents sur l'ile...

Leisa et Valentine, les deux soeurs terribles de Toau

Valentine dans sa cuisine.

Soirée improvisée, chants, bières, vin, Ukulélé, et guitare à l'occasion du passage d'un catamaran de la compagnie Archipel

L'anse Amiot
Nous y sommes allés plus vite que prévu car nous avions besoin d'aide pour retrouver l'annexe perdue de Joel et Anne Marie.
L'anse Amiot, une anse à l'intérieur de la barrière de corail de l'île de Toau, protégée des vents, un paradis de bleu, de transparence, de corail, de poisson. Une anse amniotique. 14 habitants sur un îlot de sable blanc, planté de cocotiers, une même famille qui s'aime, se déchire, se déteste, alccol, violence, ukulélé, pêche, c'est un huis clos de théâtre auxquels assistent et participent les navigateurs de passage la plupart éblouis, aveuglés par le bleu, par le spectacle du bleu. Requins, murènes, raies, toutes les histoires hantent le dessous et le dessus des eaux.

Nous y étions les seuls après que Joel et Anne Marie soient partis avec leurs amis, Bruno et Magali. On est dans un des endroits les plus isolés de la planète et pourtant grâce à Magalie, libraire, arrivée avec une cargaison de livres, l'anse Amiot a été aussi pour moi un paradis de lecture, le but étant de lire le plus de livres possibles avant son départ.

Plongée avec Modiano puis lecture des coraux avec Dick, la cabane de Dick ouverte sur la mer, son lit au ras du ponton, langoustes, bière artisanale à la mangue et prières Pentecôtiste, une miss tahiti qui fait de la brioche, deux frêres croqués par des requins, un jumeau sans son jumeau, un enfant disparu, une maladie qui ronge, à la recherche des oeufs de poule perdus, et le bleu, bleu, bleu.

La maison de dick
 
La maison de Dick donne directement sur le lagon, pas de baie vitrée, des murs symboliques et un long ponton pour aller pêcher.