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On
dit des Galapagos qu'elles sont les îles enchantées,
enchantées et enchanteresses faudrait-il dire, le
voyageur arrive ici avec l'idée de l'enchantement
de ces îles et il n'est pas déçu. Bien
sûr, si l'on se réfère aux récits
des navigateurs des années 60-70 comme celui de Nicole
Van de kerkove dans lesquels ces îles étaient
habitées seulement par des colons excentriques en
quête de vie sauvage, ou si l'on se remémore
l'époque des boucaniers, pirates et matelots abandonnés
qui tentèrent de survivre ici en exploitant les richesses
animales (faire de l'huile de tortue, sécher la chair
de tortue) comme le décrit Melville, les îles
Galapagos pourraient paraître transfigurées
par l'industrie touristique. |
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| Fous
à pattes bleus... |
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| Nous
ne connaissons que l'île Isabela qui est parait-il l'île
la moins touristique. Puerto villamil est un village aux rues
de sable, de terre, traversé par des coulées de
lave. On y trouve plus de restaurants, ou d'agences de voyage
que de touristes et il semble bien que cette ville soit pris par
une sorte d'enchantement qu'est l'endormissement. Quiétude
du lieu et de ses habitants, tranquillité, rythme de vie
à l’allure de tortue.
Cette île est une enchanteresse, belle et ensorcelée,
on est pris sous son charme, on a du mal à s'en détacher,
ravis par sa beauté. Sa beauté ce sont ses ravages,
Isabela est une île ravagée, ravages de la lave dont
les coulées sont présentes partout.
La belle
endormie a parfois des soubresauts telluriques qui font s'épancher
un de ses huit volcans boursouflant ses flans, la dernière
éruption a eu lieu en 2005. la lave est restée à
l'intérieur du cratère comme une colère étouffée.
Coulées de lave dans les champs de papaye, au milieu des
vaches, au milieu des cactus, jusque dans la mer, même les
récifs sont de la lave solidifiée. La lave a aussi
contaminé par sa couleur les animaux de l’île:
otaries noires, iguanes noirs, tortues noires (vaches noires et
blanches). La lave était le matériau de construction
des premières maisons de l'île, parfois un mur comme
un tableau de Soulages, et le noir devient bleu, gris, chatoyant,
blanc.
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| Pingouins... |
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La
plage devant Puerto Villamil, où les enfants jouent au
ballon parmi les otaries et les pélicans. |
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| Pélicans... |
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Il
faut parcourir ses forêts pour qu'agisse l'enchantement,
l'enchantement a toujours pour cœur la forêt, rappelez
vous la forêt de Brocéliande, cette forêt existe
près de Rennes, je l'ai visitée dans une autre vie,
une de mes sept vies de chat, j'y ai croisé des dragons
de pierre, un arbre d'or né des ravages du feu, des farfadets
qui murmurent les légendes, je me suis penché au-dessus
du lac aux fées, j'ai vu Merlin et la belle Morgane, les
chevaliers de la table ronde. Forêt et eau donc pour qu'ait
lieu l'enchantement, c'est ainsi pour l’île Isabela.
Mer et forêt. On trouve des troncs noueux sous ses bosquets,
des cactus candélabres, l'entrelacs des mangroves, des
pommiers aux fruits empoisonnées. Serait-ce le paradis
dans lequel Eve croqua la pomme et nous fit humains? Est ce un
iguane, ou la carapace d'une tortue cette racine, cette branche?
Quel sort a été jeté sur les eaux de ce lac
pour qu'elles soient teintées de cette couleur rose? Les
flamands roses sur le lac rose sont-ils roses ayant bu l'eau magique
du lac? Si je me baigne dans le lac rose deviendrais-je moi aussi
rose? Les fous à pattes bleues, dans quelles eaux ont-ils
tremper leur pattes? (eaux de schtroumpf?) Les requins dormeurs
ont-ils bu un philtre qui les aurait rendu immobiles?Le cactus
a ses épines, les pommes sont empoisonnées, l'île
n'est pas que féerique, elle a ses maléfices et
il faut la connaître pour apprendre à s'en méfier.
Elle vous fait perdre votre géographie, vous déboussole,
vous entraîne au gré de ses courants dans des lieux
retranchés dans les souvenirs. Un petit crachin couvre
parfois le ciel et nous sommes transportés comme par enchantement
dans une île bretonne, Houat? Hoëdic ? Groix?
Où suis-je sur l'île Isabela? Dans quelle partie
du monde l'île a t-elle ancré sa dérive? Le
temps s'oublie, on est loin, loin, à des époques
préhistoriques, les animaux ont perdu notre contemporanéité,
on les regarde et l'on se demande de quelle époque ils
sortent, quelle pan de temps transportent-ils avec eux? La tortue
centenaire, millénaire, les iguanes préhistoriques,
on perd ici la mémoire de notre présent.
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Le
samedi arrive le bateau qui livre les denrées essentielles
sur l'ile. Toute la journée, les barges font la navette
entre le débarcadère et le cargo.
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Les
caisses de bière font naturellement partie du minimum vital... |
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Coucher
de soleil sur le mouillage. |
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