Puerto Villamil - Isla Isabela
Archipel des Galapagos
  00° 57,950' S - 90° 57,750' W  
 
Du 19 au 28 juillet 2007
   
   
   

 

Décidément cela devient une habitude... nos démélés avec les autorités locales s'enrichissent d'un nouvel épisode!

Formalité - Episode 3

 

Lat
On dit des Galapagos qu'elles sont les îles enchantées, enchantées et enchanteresses faudrait-il dire, le voyageur arrive ici avec l'idée de l'enchantement de ces îles et il n'est pas déçu. Bien sûr, si l'on se réfère aux récits des navigateurs des années 60-70 comme celui de Nicole Van de kerkove dans lesquels ces îles étaient habitées seulement par des colons excentriques en quête de vie sauvage, ou si l'on se remémore l'époque des boucaniers, pirates et matelots abandonnés qui tentèrent de survivre ici en exploitant les richesses animales (faire de l'huile de tortue, sécher la chair de tortue) comme le décrit Melville, les îles Galapagos pourraient paraître transfigurées par l'industrie touristique.
Fous à pattes bleus...
   

Nous ne connaissons que l'île Isabela qui est parait-il l'île la moins touristique. Puerto villamil est un village aux rues de sable, de terre, traversé par des coulées de lave. On y trouve plus de restaurants, ou d'agences de voyage que de touristes et il semble bien que cette ville soit pris par une sorte d'enchantement qu'est l'endormissement. Quiétude du lieu et de ses habitants, tranquillité, rythme de vie à l’allure de tortue.
Cette île est une enchanteresse, belle et ensorcelée, on est pris sous son charme, on a du mal à s'en détacher, ravis par sa beauté. Sa beauté ce sont ses ravages, Isabela est une île ravagée, ravages de la lave dont les coulées sont présentes partout.

La belle endormie a parfois des soubresauts telluriques qui font s'épancher un de ses huit volcans boursouflant ses flans, la dernière éruption a eu lieu en 2005. la lave est restée à l'intérieur du cratère comme une colère étouffée. Coulées de lave dans les champs de papaye, au milieu des vaches, au milieu des cactus, jusque dans la mer, même les récifs sont de la lave solidifiée. La lave a aussi contaminé par sa couleur les animaux de l’île: otaries noires, iguanes noirs, tortues noires (vaches noires et blanches). La lave était le matériau de construction des premières maisons de l'île, parfois un mur comme un tableau de Soulages, et le noir devient bleu, gris, chatoyant, blanc.

 

Pingouins...

La plage devant Puerto Villamil, où les enfants jouent au ballon parmi les otaries et les pélicans.

Otaries...    
 
Pélicans...

Il faut parcourir ses forêts pour qu'agisse l'enchantement, l'enchantement a toujours pour cœur la forêt, rappelez vous la forêt de Brocéliande, cette forêt existe près de Rennes, je l'ai visitée dans une autre vie, une de mes sept vies de chat, j'y ai croisé des dragons de pierre, un arbre d'or né des ravages du feu, des farfadets qui murmurent les légendes, je me suis penché au-dessus du lac aux fées, j'ai vu Merlin et la belle Morgane, les chevaliers de la table ronde. Forêt et eau donc pour qu'ait lieu l'enchantement, c'est ainsi pour l’île Isabela. Mer et forêt. On trouve des troncs noueux sous ses bosquets, des cactus candélabres, l'entrelacs des mangroves, des pommiers aux fruits empoisonnées. Serait-ce le paradis dans lequel Eve croqua la pomme et nous fit humains? Est ce un iguane, ou la carapace d'une tortue cette racine, cette branche? Quel sort a été jeté sur les eaux de ce lac pour qu'elles soient teintées de cette couleur rose? Les flamands roses sur le lac rose sont-ils roses ayant bu l'eau magique du lac? Si je me baigne dans le lac rose deviendrais-je moi aussi rose? Les fous à pattes bleues, dans quelles eaux ont-ils tremper leur pattes? (eaux de schtroumpf?) Les requins dormeurs ont-ils bu un philtre qui les aurait rendu immobiles?Le cactus a ses épines, les pommes sont empoisonnées, l'île n'est pas que féerique, elle a ses maléfices et il faut la connaître pour apprendre à s'en méfier. Elle vous fait perdre votre géographie, vous déboussole, vous entraîne au gré de ses courants dans des lieux retranchés dans les souvenirs. Un petit crachin couvre parfois le ciel et nous sommes transportés comme par enchantement dans une île bretonne, Houat? Hoëdic ? Groix? Où suis-je sur l'île Isabela? Dans quelle partie du monde l'île a t-elle ancré sa dérive? Le temps s'oublie, on est loin, loin, à des époques préhistoriques, les animaux ont perdu notre contemporanéité, on les regarde et l'on se demande de quelle époque ils sortent, quelle pan de temps transportent-ils avec eux? La tortue centenaire, millénaire, les iguanes préhistoriques, on perd ici la mémoire de notre présent.

Le samedi arrive le bateau qui livre les denrées essentielles sur l'ile. Toute la journée, les barges font la navette entre le débarcadère et le cargo.

Les caisses de bière font naturellement partie du minimum vital...

Coucher de soleil sur le mouillage.

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