Isla
Linton
Après une
journée de navigation dans une mer grise pleine de remous, le long
de l’énigmatique côte panaméenne toute de végétation
baignant dans la brume, nous arrivons à Isla Linton. Nous évitons
de justesse les deux rochers à l’entrée de la baie,
pourtant indiqués sur la carte mais que nous avons aperçus
in extremis, à peine un frisson blanc dans le bouillon de la mer.
Malgré donc ces deux rochers, Isla Linton ressemble à ce
qu’aurait pu être Spanish Water à Curaçao autrefois,
sans les constructions. Nous mouillons dans une baie fermée entre
deux îles, une baie sauvage, entourée de collines végétales.
C’est la jungle panaméenne dense d’arbres mêlés,
bruissante de cris d’animaux. Des petits oiseaux noirs au ventre
blanc se posent sur les écoutes de génois du bateau, des
vautours sont dans les arbres, des aigles planent, des hérons chassent
au bord de l’eau, des singes viennent parait-il jusque sur le ponton
de bois. Le soir, des cris comme des miaulements de chat, résonnent
dans la baie. Peut-être ce sont des singes hurleurs ? Justement,
en voici des singes : un grand singe d’un 1m30 au pelage fauve suspendu
à une branche par la queue, prenant de l’eau dans sa main
(patte) creusée, un singe noir de même acabit dans l’arbre
à feuille verte et rouge, puis se déplaçant dans
l’arbre à côté, un cocotier, s’installant
au cœur du cocotier, relax, allongé sur le dos, ou accoudé
sur le côté, ou accroupi, paressant, regardant les voiliers
au mouillage, le cirque, d’autres singes dans d’autres cocotiers,
un singe poussant la porte et s’introduisant dans la maison du gardien
de l’île…L’isla Linton est une zone privée
dédiée à la recherche scientifique, impossible d’y
débarquer. Juste regarder et être regardé.
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Inhalation
en prenant les fichiers météo avec l'ordinateur
connecté sur la BLU... |
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