Curaçao
   
12°04,936' N
68°51,708' N
     
Du 11/02/06 au 18/02/06
   

   
 
 

 

Les filles des pub pour les bières Polar sont mieux sur les photos qu'en vrai..

Quoique... elles sont bien en vrai aussi!

 

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Curaçao du 11au 18 février 2006

Sur la carte marine de Curaçao, Spanish Water nous faisait rêver : une baie intérieure parsemée d’îles, on pensait au Golfe du Morbihan, on espérait le Golfe du Morbihan ici aux Antilles néerlandaises, on pensait au repaire de pirates, à l’abri caché recelant les trésors …
Après une nuit de navigation, nous atteignons les côtes de Curaçao : une usine avec des hauts fûts, une raffinerie de pétrole et derrière, la terre vallonnée et sauvage, un étendue verte, des falaises à cru. Nous cherchons la passe d’entrée, nous ne voyons que la côte, Pierre me dit « regarde, là », mais « là », c’est la côte, soudain un petit bateau s’échappe de la terre, c’est la passe. Nous ne quittons plus des yeux l’ouverture étroite, nous nous rapprochons de la côte, l’ouverture s’élargit, nous y entrons, c’est un long boyau tortueux, quelques récifs s’étendent sur le chemin, heureusement visibles, certains balisés par un fût de bière ou une bouteille de lait posés par Marcello comme nous l’apprendrons par la suite. Sur la droite, la petite plage de Barbara Beach, sable blanc, eau turquoise, deux-trois personnes dans l’eau, un petit paradis et un vrai scandale. Cette plage autrefois publique, populaire, LA plage du quartier est devenue dépendance d’un hôtel, privée, privée des habitants du quartier qui pétitionnèrent, manifestèrent contre cette privatisation privation, en vain. Ca en dit long sur l’esprit de cette île, Curaçao est soumise à ses touristes, Hollandais, Américains de préférence, on paye comme à Bonaire, indifféremment, en dollar ou en florin et on paye cher ici aussi. Mais nous ne savons encore rien de tout cela, pour l’instant, nous entrons par le long boyau tortueux, et le boyau nous déverse dans la baie. La baie est occupée par une marina pour bateaux à moteur, un petit port pour bateaux de pêche, un mouillage d’une soixantaine de voiliers, la baie est très occupée. Et les collines environnantes aussi, occupées d’énormes maisons cossues. Chassez le naturel, il est parti au galop. Cette baie devait être merveilleuse, elle est devenue un parking à bateaux, un lotissement pour millionnaires.
Passé révolu, passé.

Nous étions déjà venus à Curacao, pour sortir du Venezuela et renouveler mon visa. Nous avions visité le sud de l’île, plat et sauvage, saupoudré d’ »hotels resort », des domaines résidence-plage entièrement cloisonnés, nous nous étions promenés dans la capitale de l’île Willemstad, fascinante, délabrée, une beauté à l’état de désolation, avec ses constructions du 18ième siècle effondrées, hantée de silhouettes errantes, hirsutes, des hères en haillon aperçus entre les façades détruites. Willemstad a été classée patrimoine mondial par l’UNESCO et restaurée. Elle est redevenue une beauté hollandaise de jadis, un port florissant du 18ième siècle avec ses maisons multicolores merveilleuses.
Passé revenu.

Avec la voiture de sport d’un ami de Marcello, nous avons traversé la ville vers l’ouest, vers l’usine de gaz pour faire remplir nos bouteilles : banlieue d’une ville avec ses routes et maisons au bord de la route, s’il n’y avait pas eu les palmiers et les maisons basses au toit de tôle, on se serait cru en France.
Curaçao, c’est ses plages avec cocotiers et paillotes de luxe, c’est la musique dans les bars, américaine, c’est ses paquebots qui déversent dans la ville ses passagers, c’est être dans un cybercafé et avoir le vertige un instant de ne plus savoir dans quel pays on est.

A la Sarifundi’s marina, là où est mouillé le bateau, le personnel est saturé de relations avec les navigateurs, il en voit tellement passer et nos demandes de renseignements ne rapportent rien ; sur une de leur publicité, on y lit qu’ils sont le seul restaurant à avoir une vue qui change tout le temps puisqu’elle est fonction des arrivées et départs des voiliers. Les voiliers leur servent de paysage, de décor pour attirer le chaland. Nous avions eu la même impression aux Canaries à la marina Rubicon, en pire, les voiliers étaient encerclés par des bars restaurants, le ponton donnait directement dans un bar très chic qui diffusait de la musique planante, les clients attablés autour d’un cocktail nous regardaient (très élégant quand on arrive avec ses poubelles) comme dans un zoo.
Deux fois par semaine c’est le happy’s hour au bar Sarifundi , tous les navigateurs se retrouvent autour d’un verre. Marcello dit qu’alors ça parle argent, et ça compare et ça évalue…. En tout cas, ça parle américain…
Marcello est un hollandais d’une trentaine d’années d’un père français de St Martin et d’une mère de Curacao. Il a vécu son enfance en Hollande, y a fait ses études d’ingénieur plastique et a travaillé pour une entreprise hollandaise dans les déserts chauds et froids de la planète. Un jour, il est parti de Hollande seul sur son voilier le »Silver Shark » retrouver sa mère à Curaçao. Il loue une baraque de bois et de tôle à côté de la marina, entourée de millionaires et vit avec sa chienne Luna. En plus de son travail de réparation de fibre sur les bateaux, il est marin-animateur sur le Bounty, une goélette qui organise des sorties touristiques à la journée, et essaye de faire d’autres affaires. Il a le projet d’ouvrir une auberge de jeunesse avec un Suisse… Marcello, malgré son travail, est disponible, nous sommes restés longtemps à discuter, ou à découvrir avec lui les nuits chaudes de Willemstad et grâce à lui nous avons résolu le problème de remplir nos bouteilles de gaz. Dans cette île fade et impersonnelle, quelqu’un prend le temps de discuter, d’échanger avec des inconnus de passage, c’est une leçon d’accueil et de générosité. Difficile de quitter Marcello.
A la Sarifundi’s marina, il y a parfois de drôles de rencontres : le juge assis à côté de nous en compagnie de sa femme et qui vient de nous offrir un verre parce que nous sommes avec Marcello voit entrer dans le bar un homme qui le salue : le juge l’avait condamné pour crime.
A côté de Caracolito se trouve un beau voilier des années 60, son propriétaire le loue à un professionnel qui photographie à bord des jolies filles pour magazine de charme ou publicité pour bière Polar. Le propriétaire, un bel Hollandais d’une cinquantaine d’années parlant parfaitement le français rêve de partir sur son voilier. Il a déjà fait le tour du monde sur un Kelt de 9m, mais avec ses jeunes enfants, sa femme qui travaille tout le temps (sic) et son grand voilier qui a toujours des problèmes, son voilier reste mouillé dans la baie et lui vit dans sa très grande maison sur la colline. Il regrette le temps de son Kelt 9m.

L'entrée de Spanish Water. On accède au plan d'eau par un étroit canal naturel, difficile à voir du large.

Spanish water...

La rive Est est constituée d'une plage destinée à devenir privée avec la future construction d'un complexe hotelier.

Spanish Water, des faux airs de lac de montagne...

Dans les rues de Willemstad

Hélène au marché flottant (j'ai encore oublié d'enlever le cache de l'appareil c'est donc la seule photo du marché flottant que l'on a...)

Willemstad est construite sur un enchevétrement de canaux... un peu comme en Hollande...

 

toujours les rues de Willemstad...

encore les rues de willemstad

Dans le ferry entre les deux rives de willemstad

La grande lessive: le séchage
(pendant la préparation de la mise à jour du site...)