Los Roques (Venezuela)
boca de sebastopol (buchiyaco), Crasqui, noronsqui,
sarqui, carenero (entre cayo felipe et cayo remanso),
Bequeve, Elbert Cay et Cayo de agua
11°47,931' N
66°34,39' W
Du 26/01/06 au 7/02/06

   
 
 

Le pélérinage s'est bien passé, On a retrouvé ce qu'on y attendait. Un peu de déception toutefois, cela restait encore mieux dans nos souvenirs.

Il reste plus sûr d'acheter les langoustes aux pêcheurs que d'essayer de les trouver soit même: on a moins de chance de revenir bredouille...

Quand on navigue, c'est dingue le nombre d'apéritifs que l'on peut faire... A croire que tous les marins sont des pochtrons...

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Los Roques 26 janvier au 7 février 2006

Nous entrons par la boca de Sebastopol. Sebastopol, Crasqui, Noronsqui, Sarqui… On se croirait en terre russe mais on est bien au Venezuela, aux Roques. Aux Roques, on perd sa langue, on n’a plus de langue, on s’oublie, on s’abîme dans un espace d’eau et d’île, on ne formule plus, on n’a plus ses mots, on en a d’autres, lointains, primaires, primitifs : eau, île, sable, récif, poisson. On arrête de penser, on plonge, on est dans un paradis humide, comme dans une muqueuse, on découvre l’eau aussi douce qu’une muqueuse, on se faufile dans le courant, on ne bouge plus, on est dans une arène de corail, dans un cratère bruissant, dans un mètre d’eau, immobile au milieu de la danse des poissons, lunes mauves, noires, papillons légers, anges, on découvre une autre arène, le paradis se multiplie, s’amplifie, c’est un jeu de poupées russes, de gigognes décalées, à côté d’une arène, une autre arène, d’autres poissons, poisson-trompette, poisson-aiguille, mérou, perroquets vert et bleu fluorescent, perroquet marron, barracudas, poisson-coffre, raie, petits poissons rayés jaune et noir ; soudain, la passe béante, le chemin lumineux de sable blanc ouvert sur le large.
On sort la tête de l’eau, il y a l’énorme bateau échoué sur le récif, comme une silhouette fantôme, on va sur le plateau sableux, sur l’herbier, et sous l’eau, on ramasse les coquillages comme en forêt, on ramasse les champignons, des lambis, des conques des Roques, que l’on fera bouillir tout à l’heure pour les manger.
On va sur l’île de mangrove, qui protège Caracolito du vent, sur la petite plage de sable brun, on découvre les amoncellements de conques vides, les crabes qui courent, on admire, l’eau transparente, les traînées de turquoise, les récifs qui affleurent, les îles vertes inexplorées au loin…Sebastopol, Sebastopool, pool, piscine, eau de piscine sans chlore.
Près de Toulouse, se trouve le village de Roques sur Garonne avec son centre commercial, en revenant de l’aéroport, après un séjour au Venezuela, dans un paysage d’été du Sud Ouest complètement brûlé par le soleil -tout avait une couleur paille- il y avait les mots « centre commercial Roques »écrits en lettres immenses, au-dessus des rocades, routes et automobiles, Roques écrit en lettre immense, en France, près de Toulouse, chez moi, Los Roques à Toulouse, du turquoise sur de la paille.
Entrer par la boca de Sebastopol, c’est entrer par la bouche d’un ogre, au milieu des récifs et des bancs de sable, distinguer les taches claires faites par le sable des hauts fonds, ou les taches sombres des récifs, on sort de la bouche en longeant deux barrières de corail, on est entouré de bandes bleues outremer, sur la gauche, on distingue les îles de mangrove, et très en avant, de plus en plus près, on aperçoit des montagnes rebondies, Gran Roque, l’île mystérieuse de Tintin.
Foncer à la voile, entre les récifs, virer de bord, rejoindre Kilian, puis repartir, à toutes voiles, croiser Selena, repartir, papillonner, caracoler…
Les voiliers Kilian et Selena nous ont rejoints et les soirées entre équipages sont plutôt arrosées (il ne pleut pourtant pas).

Crasqui : plage de sable blanc, village de pêcheurs, îles reliées par un banc de sable, pélicans et pélicans. Temps maussade, l’eau devient turquoise dans un rayon de soleil et vite s’assombrit, eau turbide, impossible de plonger, on voit à peine ses mains devant soi. Pendant la nuit, la houle entre dans le mouillage, les deux bateaux à côté de nous dérapent, Caracolito tient bon mais remonte sur son ancre par surfs, on ne pense qu’à une chose, partir, quitter ce piège mais nous avons peur d’être rabattu sur la plage à quelques mètres quand l’ancre sera levée, aussi nous attendons toute la nuit le petit jour. Pierre lève l’ancre, une vague nous fait surfer à ce moment là, j’ai juste le temps de virer au moteur, nous sommes hors de danger. Gran Roque au loin est mauve, le ciel est rose, nous mouillons à quelques mètres de là, dans une baie plus protégée. Le voilier Selena nous a suivi.
Nous nous promenons sur l’île, un chemin bordé de conques nous amène sur la côte au vent, où s’amoncellent les coraux morts. La mer est agitée, fiévreuse.
Au village, une chapelle enrubannée où trône une poupée, des squelettes de baleines qui se sont échouées sur la rive, suspendus, qui claquent au vent, un restaurant au bord de la plage plein d’Italiens qui nous offrent des spaghettis et envahi de temps en temps par une vague trop forte.

Kilian nous rejoint à Sarqui. Nous mouillons dans une baie sauvage, déserte. Plage immaculée, trahie par des salamandres noires, au nord une petite piscine parfaite si ce n’étaient les grains qui se succèdent et le vent qui trouble l’eau. Nous allons en annexe sur l’île d’Espenqui, juste à côté, marcher amoureux sur la plage qui s’étire, qui s’étire ou fouiller du regard les fonds de Sarqui qui s’éclairent suivant les moments. A la surface de l’eau, des poissons sautent constamment, l’eau remue de poissons, sur un récif qui affleure des perroquets noirs dépassent de l’eau, taches sombres énormes, nous plongeons et nous les voyons manger les coraux au milieu d’une multitudes d’autres. La surface est très agitée, le courant nous porte et nous emporte, nous longeons le récif à contre courant puis nous nous laissons porter pour le retour sur la plage. Nous avons l’embarras du choix pour trouver un endroit où plonger. Il nous suffit aussi de donner quelques coups de palmes depuis le voilier et nous voilà sur des récifs qui abritent les secrets des poissons.
Il pleut, je fais des crêpes, la musique est bretonne, je suis aux Roques…

A Carenero, nous devions rester une seule nuit. Mais l’eau claire, le mouillage protégé dans un lagon, les récifs de corail aux alentours : nous restons.
Nous plongeons. Pris dans un ruban de carangues, des centaines de carangues nous entourent et nous rompons le ruban et le ruban se reconstitue. Des barracudas nous narguent. Poissons-coffre avec leurs ailes de mouche, poissons-crapauds dissimulés sous le sable. Nous apercevons des antennes de langoustes sous les rochers, mais les langoustes sont trop petites, trop agiles pour être capturées. Nous récoltons deux lambis sur l’herbier que nous savourons à l’apéritif.

Nous retrouvons l’équipage du RM10,50 en route pour Panama, Pizza aux Roques, Pizza et états d’âme de l’équipage, états d’âme aux Roques.
Langoustes aux Roques, enfin langoustes aux Roques, énormes achetées à un pêcheur et bouillies à l’eau de mer, dégustées à midi sous la chaleur des Roques, enfin chaleur aux Roques. Dès qu’on débarque sur la plage de l’île Felipe, la lumière est intense, à peine regarder les Roques, être aveugle aux Roques, aveugle et muet, plonger dans l’eau pour chercher son silence.

Nous retrouvons le voilier PADACOR Pascal, David, Corinne que l’on avait croisé au début de notre transatlantique et savoir avec quoi ils ne sont pas d’accord : entre eux.

Regarder les bancs de poissons qui sautent à la surface, les hérons, huîtriers pies, pélicans, petit oiseau jaune au son des éoliennes des trois autres voiliers au mouillage.

Lagon entouré de récifs, îles à portée d’annexe, coins multiples où plonger, découvrir des pays sous-marins différents, chacun sa géographie de coraux, de gorgones, son peuple de poissons, mérous, carangues, poissons coffre, barracudas, poissons lune, sa lumière.

Une sorte de désemparement nous prend, un vide d’envie, ce bleu, ce blanc, la répétition d’une forme de beauté.

Elbert Cay, Cayos de agua
Elbert cay et Cayo de agua sont deux îles qui forment un vaste lagon d’un mille de diamètre.
De Cayo de agua, les premiers indiens qui peuplèrent Los Roques s’en servaient comme réserve d’eau, l’eau est à quelques mètres sous le sol et des cocotiers poussent sur l’île. Ile oasis longée de bancs de sable, île vierge où on laisse des traces sur le sable, éphémères, gommées par le vent, traces des pas des marcheurs, traces des hérons –trois bâtons écartés et un bâton à la base-, traces pointillées des crabes, traces ondulantes du vent…Baies reliées par des hanches de sable, dunes, conques roses posées sur le sable comme des oreilles, pour écouter le monde, pour écouter le silence, le bruit des vagues, du vent, les secrets que chuchotent les herbes rases. Phare dressé à la pointe de l’île qui distille la nuit ses perles de lumières : un éclat toutes les quinze secondes, compter les secondes dans la nuit, mesurer l’obscurité et le surgissement de la lumière.
Feu sur la plage la nuit pour griller thons et baracoudas, manger une pissaladière préparée par David et Corinne, boire le rhum de Jean-Claude. Feu sur la plage la nuit sous un ciel brouillé. Odeur du bois brûlé, craquement du feu, crissement du sable dans la main, langage lointain retrouvé. Feu entouré de conques. De la couronne de conques jaillissent les flammes, de nos têtes enfumées s’expulsent les idées : Qu’est-ce que l’art ? Tout acte a-t-il une valeur marchande ? Quel degré de confort nous satisfait ? –David, lis « Les choses » de Perec.
En Kway et polaire aux Roques, chassés par la pluie. Retour précipité en annexe dans la nuit

Elbert Cay, Longue, longue plage inexplorée, arc boutée, qui enserre le vaste lagon, bras replié qui retient l’eau . Une île pour moi toute seule : on me débarque en annexe, on m’y laisse en paix. Déranger les crabes, les poissons, les salamandres, les pélicans, les voir s’enfuir à mon approche, ne déranger personne, eau si claire qu’on distingue les étoiles de mer posées sur le sable, se baigner dans une mer fraîche tellement le soleil est fort, être cuite de soleil, saoule de soleil, de mer, de sauvage. Avoir dans les yeux des traits de lumière. Nous nous sommes aventurés en voilier jusqu’à ses rivages parmi les têtes de corail, avec 2,3m d’eau sous la quille et nous avons rebroussé chemin.
Ile pas faite pour les hommes.

Enfin nous naviguons aux Roques... Dix ans après, les Pirates sont de retour! (tintintin!)

Apéritif à bord de Kilian.
En descendant de la Guadeloupe vers Tobago, Yann et Marie-Paule ont fait une collection de Rhum locaux... J'ai donc décidé de faire des tests comparatifs, vite imités par de nombreux convives, qui ont très vite perdu pied...
(Hervé, les pirates, Selena et Marie Paule)

Plus tard dans la soirée, (hervé est déjà légèrement déphasé...)

A votre santé!

Lendemain, navigation en escadre vers Crasqui avec Selena et Kilian...

Le bateau jaune au fond c'est nous!
(comme nous étions le plus rapide des trois, nous tournions souvent autour des deux autres...)

Kilian (c'est marqué dessus!)

Caracolito au travers, dans les eaux turquoises des Roques... (Un vieux rève qui se réalise!)

L'équipage est heureux!

Le mouillage de Crasqui

Selena dans les vertèbres du "monstre des Roques"

Il s'agit en fait de globicéphales.

Retour à bord avec Cathy, Hervé et Selena

Maison de pêcheur sur Crasqui

Pendule (ou canaputz?)

Les coquilles de lambis forment presque des iles

visiteur curieux...

Une petite pensée pour Jean Caudron: le bateau s'appelle Aldébaran IV...

Nous retrouvons Kilian qui nous accompagne à Noronsqui puis Sarqui...

Entrainement pour le marathon des Roques...

Dernier apéro sur Kilian
(euh, je crois que je me suis trompé la photo à été prise à La Tortuga mais comme j'ai la flemme de tout refaire, je la laisse et vous fait croire qu'il s'agit des Roques...)

Mouillage à Carenero (surement le plus beau mouillage que nous ayons vu au Roques)

Le mouillage de Carenero

Enfin 5 minutes à moi pour sortir mes peintures et mes figurines...
(nota: au moment où j'écris ces lignes, la "reine des pirates" c'est le nom de la figurine que j'essayais de peindre, a fini sa carrière dans l'acetone...)

Coquillage sur la plage
(Hélène ne peut pas s'empecher de prendre en photo tous les coquillages qu'elle rencontre, un peu comme ma mère quand elle voit une fleur, je suis donc bien obligé de vous en faire profiter...)

Le lagon de Carenero.

La plage de cayo Felipe qui borde le lagon de Carenero.

Toujours le lagon de Carenero avec Hélène dedans...

C'est marrant le même jour nous apprenions que Thalassa était en train de diffuser un reportage sur les Roques où il était question de langoustes...
Nous n'avons pas vu les caméras.

Coucher de soleil à Cayo de Agua

La plage de Bequevé et le lagon
(Elbert Cay - Cayo de Agua)

Le lagon de Elbert Cay-Cayo de Agua...
(vous n'en avez pas marre de toute ces photos en bleu et turquoise? Ne vous plaignez pas car nous n'en diffusons qu'une infime partie...)

Encore la plage de Bequevé avec cette fois ci vue vers l'est...

Le mouillage de Cayo de agua
(vous pouvez y remarquer un petit bateau jaune...)

Cayo de Agua, promenade digestive...

Jeu d'arbre sur la plage

En route vers Las Aves...

Nous profitons une dernière fois des eaux turquoises... jusqu'à la prochaine étape...