Porlamar
(Margarita - Venezuela)
   
10°57,04' N
63°49,83' W
 
Du 8/01/06 au 21/01/06
 

   
 
 

Pas trop de changement. J'y avais passé 3 jours, il y a 11 ans, pour le carnaval et j'arrivais encore à m'y orienter...

Ce qu'il faut retenir?
On s'est gavé de "perros calientes", d'huitres perlières, de Polar, de jus de fruits frais, d'empanadas, d'arepas, de pepitonas et de Cuba libre.
On a dansé la salsa, le merengue et le vallenato
On a parlé espagnol en disant "chevere", "chao pues", "que tal", "carro", "vaina" et "coño"...

On est reparti en se disant qu'il faudra revenir...

etape précedenteretour fildeloetape suivante

Du 8 janvier 2006 au 21 janvier 2006, Margarita, Venezuela

Une cinquantaine de voiliers mouillent dans la baie de Porlamar entourée de buildings, de cocotiers et de paillotes sur la plage qui diffusent de la musique Caribe et accueillent les Tambores le vendredi soir. Chaque midi, nous mangeons dans une paillote des huîtres perlières, huîtres plates, pepitonas (entre la moule et le bulot) et autres coquillages en buvant une polar ou un refresco , suivi d’empanada frite ou d’un perro caliente acheté à une marchande ambulante. Margarita devait être une escale purement technique…
Le dimanche, la plage est remplie de monde et c’est le peuple de Margarita qui vient se divertir : voiture sur la plage avec musique, chacun avec sa glacière ou profitant des bars. On retrouve Johnny le voilier qui recoud nos voiles, son employé Gregorio qui avait le mal de mer en montant sur Caracolito, était pâle et absolument inhibé, incapable de travailler, on partage le même banc qu’un cuisinier avec sa femme et son fils, un cuisinier marié et en mal d’amour, nous fait-il comprendre. Deux figures tragiques dominent cette plage dolce vita vénézuélienne : Le Concorde, c’est un hôtel qui surplombe la baie, l’immeuble le plus haut de Margarita, laissé à l’abandon depuis des années, faute de prix convenant à un acheteur nous a dit un chauffeur de taxi, et un voilier de plus de 20 mètres échoué dans le port, cause de dissension entre le skipper et la société qui l’employait, voilier enfoncé pour moitié dans l’eau, au mât penché, au pont en teck sans plus aucun hublot, à l’accastillage démonté, volé, pris à l’assaut par les enfants qui se suspendent aux cordages et sautent dans l’eau. Roger a pleuré en voyant pour la première fois le beau bateau sombré. Roger des Testigos, le fils de Chonchon, a travaillé sur un voilier de luxe, ce qui lui a valu l’occasion de rencontrer Mike Jagger, de boire un verre chez lui, sur l’île de Moustique et d’être régalé pour ses services de marin, en plus de son salaire, d’un pourboire de 10000F. Nous avons retrouvé à Margarita Roger le jour de son anniversaire. Aussitôt revu, nous nous attablons à un bar-restaurant chez Luis (les plaisanciers y laissent des souvenirs, objets marins hétéroclites dont ils n’ont plus usage : bouée, chaussures, combinaison de plongée…agencés en sculptures insolites par Luis), devant la plage. La valse des polars commencent. Pierre a arrêté de compter au bout de la 8ième. On a continué avec un énorme gâteau au chocolat apporté par sa femme et entouré de ses enfants, puis une virée dans la ville, restaurant el Caney en plein air où se joue de la musique traditionnelle (harpe, guitare, chant …) et bar Karaoké dancing… Pour rentrer sur Caracolito, nous récupérons notre annexe amarrée au ponton de la marina pour bateaux vénézuéliens, à côté du bateau de Roger. Le gardien après avoir retenu ses chiens, nous accompagne dans les méandres des pontons. Il est armé, et sa main est crispée sur sa mitraillette en bandoulière, il marche derrière nous, sur les pontons isolés et sa présence nous inquiète plus qu’elle nous rassure. Nous marchons, gardés, sur les pontons dans la nuit, nous sentons chacun de ses mouvements dans notre dos, le chemin nous parait long jusqu’à l’annexe. Le gardien nous regarde s’éloigner en annexe, et nous voyons dans la nuit sa silhouette immobile, son bras fixé sur la mitraillette, en se demandant s’il ne va pas nous viser. Comme toujours au Venezuela, et plus que jamais en voyageant sur un bateau, ce sont des histoires de vol, d’agressions, de crimes qui circulent et arrivent jusqu’à nous. C’est aussi cette présence permanente du danger qui rend ce pays fou et qui incite à vivre pleinement, chaque moment, comme si c’était le dernier. Le lendemain, nous avons visité le bateau de pêche de Roger amarré au port, une lancha aménagée avec cabines pour un équipage de 8 personnes, glacière pour poissons pêchés à la traîne et même dans les fonds, vivier à langoustes.

Margarita, c’est aussi une plaza Bolivar – comme toutes les villes au Venezuela- entourée de centaines de boutiques, pour la plupart de vêtements de fausse marque, de dizaines de centres commerciaux climatisés, des licoreria où on vend de l’alcool détaxé, bref une ville marchande grosse de sa foule. Margarita, c’est des restaurants où on peut manger de la viande et de la salade comme dans mon rêve du Cap Vert. Aussitôt débarqués le premier soir à Margarita, nous avons pris un taxi et demandé au chauffeur de nous emmener dans un restaurant qui sert de la viande grillée. Nous voilà attablés au punto Criollo (« Le coin du terroir ») devant une parillada de lomito (700g de filet de bœuf grillé) et une salade Cesar (salade verte, fromage, croûtons) accompagnées d’un jugo de patilla (jus de fruit naturel propre au Venezuela, ici pastèque, mais il existe autant de saveurs qu’il y a de fruits : melon, fraises, mûres, fruit de la passion, ananas…). Nous avons renouvelé l’opération plusieurs fois, avec des variantes sur la boisson (Cuba Libre). Un soir, au retour, le moteur d’annexe tombe en panne et nous avons oublié de prendre les rames, que faire ? Nous ramons avec les sandales de Pierre…Les trajets en annexe sont quelques fois mouvementés car des déferlantes rôdent autour du ponton d’amarrage, nous mouillent entièrement – c’est très élégant pour aller en ville-, remplissent l’annexe d’eau au risque de nous renverser…Les nuits au mouillage sont aussi parfois agitées : vent fort, pluie tropicale, nous avons vu dans la nuit deux voiliers chacun sur un de nos côtés déraper sur leur ancre et nous éviter pendant que Caracolito s’accrochait à son ancre, ne sachant pas un instant si c’était nous qui reculions ou eux qui dérivaient…

Nous courons toute la journée : faire les courses- 5 heures dans le supermarché, deux chariots pleins, 4 heures pour tout ranger, sans compter un second approvisionnement- faire réparer les deux spis déchirés et la têtière de grand voile, faire faire une capote, trouver de l’accastillage, faire ressouder les chandeliers (l’ atelier de soudure d’Armando se trouve près du port, entouré d’une mangrove, donc plein de moustiques -qui ne m’oublient pas-, Armando s’arrête de travailler le soir quand il a trop de moustiques autour de lui…)…
Il y a tellement de choses à faire liées au bateau et de rencontres à vivre que nous aurions pu rester plus de temps. Nous restons plus de 15 jours sans nous lasser.

Chaque jour en débarquant sur la promenade le long de la mer, nous saluons la marchande de perro caliente - en français, « Hot Dog », en vrai français ou canadien « chien chaud », il y a aussi marqué Hamburguer sur sa roulotte mais quand on lui en demande un, elle dit qu’ils sont en grève, ses deux petites filles jouent, pleurent à côté d’elle, parfois, son mari l’accompagne - , nous réglons les détails des réparations de voile avec Johnny, nous disons bonjour à Luis le restaurateur – Luis nous raconte qu’un plaisancier est venu tous les jours pendant 15 jours manger une soupe chez lui et prendre un perro caliente à côté, il avait en fait 200kg de cocaïne cachés dans des boites de sardines dans son bateau de 8m50, la police a débarqué un jour sur le voilier et l’a arrêté - et aux gens des paillotes. Le port est une petite communauté de personnes bien sympathiques.

Nous nous lions avec JC( Jean Christophe) et Nathalie, sur un voilier de 8m50, Half-toner, racé rapide et extrêmement spacieux à l’intérieur. Ils ont refait l’intérieur : formes arrondies, carré décalé, table à carte et cuisine sous la descente, c’est moderne et bien pensé. JC a vécu cinq ans en Pologne et a connu des appartements de 40 m2 occupés par des familles de 6 personnes, il dit s’être inspiré de son expérience polonaise pour aménager le bateau. JC a vécu aussi au Costa Rica (il allait au bal à cheval), aux Antilles ( en particulier à St Martin) et va faire le tour de l’Amérique centrale en bateau et moto pour trouver un endroit pour vivre. Il a déjà trouvé avec sa femme leur mode de vie : travailler juste ce qu’il faut pour profiter de la (vraie) vie le reste du temps.
Nous rencontrons des étudiants, Florent, Mael, Stan, Gregory, Anne, et Sylvain, les quatre premiers sont gagnants d’un concours qui leur laisse l’utilisation d’un voilier le RM10,50 pendant un an. Sylvain a fait une école de commerce et a choisi de ne pas centrer sa vie sur une carrière professionnelle : il habite dans le pays qu’il veut et exerce le métier qu’il peut tout en vivant le plus possible à côté, attentif à toutes les rencontres. Il a commencé à écrire son journal avec autant de liberté qu’il vit sa vie. J’attends impatiemment de le lire. Nous sommes allés avec eux (à 5, complètement bourrés dans leur petite Fiat de location), au Cabana Beach, une discothèque en plein air, au bord de la mer. Image parfaite: la lune se reflète sur l’eau entre les cocotiers devant les gens qui dansent ou boivent un verre en musique. Il y a des espaces à part, vitrés dans lesquels se déroulent des soirées privées. Là, on s’amuse sur invitation. Nous, nous allons sur la terrasse ouverte où on se mélange sans invitation. La soirée s’articule autour de deux types de musique. Musique nord-américaine (tubes des années 80): personne ne danse, musique sud-américaine (merengue, salsa…) : la piste est soudain envahie de danseurs. Nous rencontrons celui qui tient une paillote sur la plage en face du mouillage et nous finissons la soirée dans son bar avec lui, ses cubas libres, ses rhums vénézuéliens et antillais « Leader Price ».

Nous retrouvons Jeff – rencontré à Las Palmas- traumatisé par l’attaque de bandits (armés de machettes et voulant débarqués sur son bateau) qu’il a subi au Brésil.
Nous faisons connaissance avec l’équipage de Kilian, et de leurs amis anglais, des retraités en route jusqu’à ce que le manque d’envie (ou une mésaventure) les arrête.
Et bien sûr, nous avons affaire avec Juan de la marina Juan : c’est un ponton d’accueil qu’il a crée pour permettre aux plaisanciers au mouillage d’amarrer leur annexe (et de la faire surveiller) et de traiter par son intermédiaire des formalités de douane et d’immigration. Juan est un Chilien d’origine installé au Venezuela, passionné de littérature en langue espagnole. Juan parle parfaitement français. Il a quitté le Chili à l’époque d’Allende car, trotskiste, il pensait que le programme d’Allende n’était pas encore assez social pour son pays…

Arrivée sur Margarita en fin de journée

Hélène au clavier,

Avitaillement en prévision de la venue de Paul V. à bord pour l'étape des San Blas...

Avec Roger, Au bar de Luis...

Prise du patron de la future capote de Caracolito

Première vision de ce que sera la capote

La fille de la vendeuse de perro caliente

Caracolito dans la baie de Porlamar

L'hotel Concord desafecté depuis plus de 10 ans...

 

Au fond un voilier de 20m, echoué et désarmé, sert de terrain de jeu aux gamins.

Notre vendeur d'huitres, pepitonas et caracoles préféré...

La plage de l'hotel concord

Ouverture des huitres pour l'apéro...

Le mouillage de Porlamar

La rue longeant la baie

Helene et sa minijupe toute neuve, nous quittons Porlamar

Caracolito et sa capote toute neuve...