Los Testigos
11°21,487' N
63°07,793' W
 
Du 31/12/05 au 08/01/06
 

   
 
 


Aux Testigos j'ai pêché ma première langouste. Elle était à peine plus grosse qu'une crevette...

Oui mais je l'ai peché tout seul comme un grand... et bientôt je pécherais de grosses langoustes... Si elles veulent bien se montrer...

 

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Du 31 décembre au 9 février 2006, Venezuela

Même pas envie d’écrire sur le Venezuela, envie de danser, de boire, de manger, d’aller à fond la caisse dans des taxis, de parler d’Hugo Chavez, de porter une minijupe, de me baigner, bref de vivre au Venezuela, pas d’écrire, plus tard, dans des mois, des années, les souvenirs se seront encastrés les uns dans les autres, ce temps là sera bon pour la casse, rouillé, foutu, un tas de ferraille, je n’y verrai plus rien, je ne me souviendrai de rien, je ne garderai à l’esprit qu’une impression de frénésie, de vitesse, de vie plus ample que n’importe qu’elle vie vécue ou à vivre. Le Venezuela, temps présent, absence de l’écriture.

Du 31 décembre au 8 janvier 2006 Los Testigos, Venezuela

Les garder comme un secret, ne pas en parler, ou en parler avec banalité : îles.

Los Testigos, îles familles entourées de l’eau verte de l’Orénoque, îles passage de Jacques Brel. 31 décembre 2005 passé chez Luisa et Rodolfo, 4 janvier 2006, anniversaire d’Estelita, entre ces deux dates, nous allons d’une maison à l’autre, d’une famille à l’autre dans la grande et unique famille des Mata, d’une île à l’autre, de Iguana à Tamarindo.
A Iguana, il y a des iguanes, à isla Cabra, il y a des chèvres, à Tamarindo, des Tamarindo.

Fatigue, grande fatigue aux Testigos, impression de flotter, de mal articuler, de vouloir se jeter dans tous les hamacs suspendus ça et là, dans les maisons, au bord de l’eau. Nous avons passé une grande partie de l’après midi du 31 décembre dans un hamac sur la plage, à regarder les frégates comme des delta planes, planer dans le ciel et les pélicans, plonger dans la mer, à assister l’esprit brumeux aux parties de cartes qui se jouent sur des petites tables en bois dépeint en plein air, à s’embrouiller l’esprit dans les cartes qui tournent, à ne rien n’y comprendre.

Pluie, grosse pluie, aux Testigos qui s’abat soudain, vent, tempête, impression que les îles vont s’envoler, rester coincé à Tamarindo sous la pluie, ne plus pouvoir traverser en lancha pour pouvoir rejoindre Iguana, attendre une accalmie, traverser enfin, à la nuit, tapie au fond de la lancha, sur les membrures de bois, avec la langouste qu’on nous a offerte et cuite, la langouste encore chaude contre moi, chaleur rayonnante de la langouste dans le froid glacé, la pluie, grosse pluie…

La sono à fond, sortie sur la plage, le merengue, la salsa, le vallenato, dès le matin, comme un appel, un muezzin, prière de danser.
La soupe de dindons mangée avec Benjamin, saoul, entourés par les moustiques du marigot, le lendemain, les pieds gonflés de piqûres, à ne plus pouvoir marcher.

Le grand père offrant la sangria à tous dans un verre unique, le grand père, saoul, s’effondrant sur les sièges, la salade de langoustes pour cinquante personnes prise dans les assiettes qui passent de main en main.

Los Testigos, l’eau verte venue de l’Orénoque, qui un jour devient turquoise, claire, transparente, le paysage magique des coraux qui s’éclaire, l’eau qui varie de couleur chaque jour, Los Testigos, sous notre bateau, le paysage corail, les poissons-lune, barracuda, murène, langoustes, lambis, au dessus les cactus et chèvres, au dessus, les pélicans, les frégates, au-dessus, quoi ?

Pêche de 5 tonnes de carangues avec les familles, le poisson qui grouille, claque des queues, du museau et les hommes autour dans les barques s’approchent, enserrent, tendent les filets comme des nœuds coulissants à la gorge des poissons, transvasent les poissons pêchés d’une barque à l’autre, assomment, se réjouissent, comptent l’argent, les poissons, estiment les 5 tonnes
Pêche à la langouste au-dessous de notre bateau avec Yano, merci Yano, voir les murènes endormies au fond du sable devant les trous à langoustes, ramasser les lambis.

Los Testigos, la pluie, le froid, les moustiques, le vent, la tempête, la chaleur, la sueur, Los Testigos, la langouste qui tient chaud contre soi, la soupe de dindons, le café sucré à toute heure, la bière, polar sur polar sur polar, sur polar, à volonté, sans fin, toujours une main qui se tend et propose une polar, salade de langoustes, langoustes bouillies à l’eau de mer, toujours une main qui se tend et propose une langouste.

Los Testigos, un arbre généalogique pousse sur ces îles, à Iguana, Estelita et Tello ont des filles et des fils qui ont des filles et des fils, Estela, Yoani, Yano, Lidia, fani, Siria, Fabiola.
A Tamarindo, la sœur d’Estelita, Nelly et Chonchon ont des filles et des fils qui ont des filles et des fils : Roger, Benjamin…
Une famille rend visite à une autre famille en allant d’une île à l’autre, va et vient familial, et entre Los Testigos et la ville de Carupano, sur la côte ou l’île de Margarita, va et vient sentimental, on s’aime, on s’aime plus, on s’aime, on sème, arbre généalogique qui pousse, s’étend en méandres, se perd, se coupe et repousse, toujours sans cesse, éternel

Los Testigos brutal, le chien de l’armée, tapi dans un buisson, attend mon passage, me mord, déchire mon pantalon.

Los Testigos couvert de cactus et de buissons épais, bordé de plage et de cocotiers languides, jonché de bouteilles de bière ( espèce commune sous les Tropiques).

Los Testigos, chaleur des gens, accueil, comme un gêne de la générosité dans leur sang. Los Testigos, conversations, croisements des mots, des idées, chaleur des gens. Vouloir partir et être retenu par une soupe, un café, une assiette posée devant soi, une discussion, une pêche, un anniversaire, Los Testigos, rencontres.


La plage d'isla iguana

Dans "la" rue d'iguana

La maison d'Estelita et de Tello

La plage d'iguana, vue de l'autre coté

depuis le petit cerro au bout de l'ile

du même endroit, vers le village...

Sur tamarindo: embarquement de la famille Mata pour rejoindre Benjamin

Le seul "café restaurant" des testigos: erotica té

La peche aux carangues: les femmes attendent avant la remontée des filets

5 tonnes de Carangues...

Les pélicans... (c'est comme les goëlands en bretagne sauf que c'est plus sympathique...)

La lancha de yano, vue du mat, au loin: iguana.

Notre annexe (caracolitita) vue du ciel...

L'extremité sud d'iguana

2 langoustes et un pargo... (offerts par Yano, Benjamin, Tello etc...)

Les langoustes après cuisson...

Une frégate (quasi domestiquée)

L'isla Cabra en face de notre mouillage où nous entendions des chèvres. (Sur chaque ilot, il y a des chèvres en liberté qui appartiennent à une famille. Pour les grandes occasions, ils viennent en chasser une pour faire un barbecue...)

L'eau de la mer... dessous se cachent les langoustes.