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Du 8 décembre au 11 décembre Cap Vert (Brava) suite et fin Le voilier Prosper vient mouiller
dans la baie de Faja. Prosper arrive et Prosper fait prospérer
: l’amitié, la bouffe, l’alcool. Prosper est un mélange
grenoblois-breton de bons vivants, navigateurs, montagnards pratiquant
le parapente, en résumé : Erwan et Guillaume. L’équipage
à Brava n’est pas complet et ont rejoint ou rejoindront Prosper
: Virginie, la femme d’Erwan, chef d’escadre de voiliers,
Titouan, leur fils, embarqué dès sa naissance (10 jours)
sur Prosper et Pedro, guide de haute montagne, tenant refuge, excellent
cuisinier et équipier. La liste d’équipage semble
ouverte. Nous passons notre
dernière soirée, le 10 décembre, au bar sous la paillote
de Faja, avec Erwan, Guillaume, et les derniers arrivés au mouillage,
Jacqueline et Daniel, navigateurs et retraités, qui ont choisi
de prendre leur temps à la voile : ils ont mis 5 ans pour arriver
depuis la France au Cap Vert. Il y a là aussi Edgard, Luis, Nei
et tous les oiseaux de passage du village. Nous faisons nos adieux. Edgar
a la larme à l’œil, il est passablement imbibé
d’alcool, et l’alcool rend peut-être sentimental mais
Edgar tape son poing contre sa poitrine quand il serre la main de Pierre.
Les Cap-verdiens sont très réservés, sans manifester
leur émotion et nous sommes touchés. Nei nous demande quand
nous allons revenir. «Dans 10 ans, peut-être». «C’est
long» répond-il. Pierre donne son short de bain à
Luis. Le sien était très déchiré et il le
mettait à l’envers pour cacher les trous. C’est une
tradition cap verdienne de donner à son hôte les vêtements
que l’on porte en quittant le pays. 11 décembre 2005, jour
prévu de notre départ. Pierre nous réveille avec
la chanson « c’est pas l’homme qui prend la mer, c’est
la mer qui prend l’homme… ». La chanson se finit par
le mot qu’il ne faut pas dire et je commence la journée en
répétant le mot. Heureusement, la veille, nous avions discuté
des superstitions en mer et je prends une poignée de gros sel et
la lance dans mon dos vers l’eau, mais, mal réveillée,
je fais ce geste au dessus de la bôme et le sel revient sur le bateau.
Je reprends du sel et cette fois je me mets à l’avant : le
sel tombe à l’eau, l’outrage est réparé. Le temps de récupérer
des recettes de cuisine sur Prosper, de partager un dernier repas avec
l’équipage, de repêcher un morceau de latte de rechange
pour grand voile tombé à l’eau par 6 mètres
de fond (merci Erwan), d’assister, navrés, au débarquement
dans la baie de trois scooters des mers par des americanos (tous le village
est sorti pour l’évènement), il est 17h. |
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