Brava (épisode II)
14°52,352' N
24°43,943' W
Du 28/11/05 au 10/12/05

 

   
   
   

Et oui pour éviter de vous perdre en modifiant les récits d'étapes après leur publication, nous vous offrons un épisode II (comme pour Star Wars) pour nos aventures sur Brava.
2 pages Web pour le prix d'une, vous ne pourrez pas dire qu'on ne vous gate pas...

Du coup, je n'ai plus de commentaires pertinent à faire moi...

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Du 8 décembre au 11 décembre Cap Vert (Brava) suite et fin

Le voilier Prosper vient mouiller dans la baie de Faja. Prosper arrive et Prosper fait prospérer : l’amitié, la bouffe, l’alcool. Prosper est un mélange grenoblois-breton de bons vivants, navigateurs, montagnards pratiquant le parapente, en résumé : Erwan et Guillaume. L’équipage à Brava n’est pas complet et ont rejoint ou rejoindront Prosper : Virginie, la femme d’Erwan, chef d’escadre de voiliers, Titouan, leur fils, embarqué dès sa naissance (10 jours) sur Prosper et Pedro, guide de haute montagne, tenant refuge, excellent cuisinier et équipier. La liste d’équipage semble ouverte.
Nous connaissions Erwan et Guillaume depuis deux minutes au moins quand nous avons été invité à l’apéro sur l’Epervier d’Erwan (Comme son nom ne l’indique pas, Prosper est un Epervier, qui, comme son nom de l’indique pas, est un voilier en acier de 10,75m conçu par B.Veis)- il m’est d’avis que ce tour du monde sera une suite presque ininterrompue d’apéro. A bord, pâtes aux Chanterelles et vin de Fogo. J’avais oublié le goût des chanterelles et je reste longtemps avec leur saveur à la bouche. Fatalement, le soir même, après ce réveil gustatif, je fais un rêve de bouffe: je rêve d’une énorme côte de bœuf et d’une salade verte. Le lendemain, on me dit qu’on vendait des salades vertes à Nova Cintra, chose qui n’était pas arrivée depuis des mois…
Erwan et Guillaume rêvent d’un catamaran sur lequel ils pourraient accueillir tous leurs amis et familles ( et posséder une plus grande réserve de vins, mais j’extrapole, ils ont déjà 200 bouteilles à bord).
Guillaume a emmené son parapente biplace et voudrait avec Erwan voler au-dessus de Nova Cintra (ils projettent aussi de voler au-dessus de Rio habillés en travelos brésiliens). A suivre…

Nous passons notre dernière soirée, le 10 décembre, au bar sous la paillote de Faja, avec Erwan, Guillaume, et les derniers arrivés au mouillage, Jacqueline et Daniel, navigateurs et retraités, qui ont choisi de prendre leur temps à la voile : ils ont mis 5 ans pour arriver depuis la France au Cap Vert. Il y a là aussi Edgard, Luis, Nei et tous les oiseaux de passage du village. Nous faisons nos adieux. Edgar a la larme à l’œil, il est passablement imbibé d’alcool, et l’alcool rend peut-être sentimental mais Edgar tape son poing contre sa poitrine quand il serre la main de Pierre. Les Cap-verdiens sont très réservés, sans manifester leur émotion et nous sommes touchés. Nei nous demande quand nous allons revenir. «Dans 10 ans, peut-être». «C’est long» répond-il. Pierre donne son short de bain à Luis. Le sien était très déchiré et il le mettait à l’envers pour cacher les trous. C’est une tradition cap verdienne de donner à son hôte les vêtements que l’on porte en quittant le pays.
Nous rentrons dans la nuit en annexe avec Erwan. Nous sommes attaqués par un banc de petites orphies qui nous traversent. J’en coince deux sous mes pieds. C’est la façon de Brava, un peu brutale, poissonneuse, de nous donner l’accolade, de nous dire au revoir.

11 décembre 2005, jour prévu de notre départ. Pierre nous réveille avec la chanson « c’est pas l’homme qui prend la mer, c’est la mer qui prend l’homme… ». La chanson se finit par le mot qu’il ne faut pas dire et je commence la journée en répétant le mot. Heureusement, la veille, nous avions discuté des superstitions en mer et je prends une poignée de gros sel et la lance dans mon dos vers l’eau, mais, mal réveillée, je fais ce geste au dessus de la bôme et le sel revient sur le bateau. Je reprends du sel et cette fois je me mets à l’avant : le sel tombe à l’eau, l’outrage est réparé.
J’ai mal à la gorge, tout effort me semble contraint, je suis comme engourdie, en plein hiver de France, est-ce le fait de quitter Brava ? Heureusement, Pierre s’active pour deux. Il me dit avoir hâte de partir, qu’il rêve depuis des années à cette traversée.

Le temps de récupérer des recettes de cuisine sur Prosper, de partager un dernier repas avec l’équipage, de repêcher un morceau de latte de rechange pour grand voile tombé à l’eau par 6 mètres de fond (merci Erwan), d’assister, navrés, au débarquement dans la baie de trois scooters des mers par des americanos (tous le village est sorti pour l’évènement), il est 17h.
Nous levons l’ancre.

Prosper, mouillé devant Faja de Agua

Caracolito, vu du ciel (serions nous espionnés par des satellites US?)

Faja de Agua vu du ciel (du moins 10m au dessus du niveau de la mer...)

Prosper et son équipage...

Dernière plongée avant le départ...
- "Dit Papa, c'est loin l'amérique?"
- "Tais-toi et nage..."