Fogo
   
14°55,10' N
24°30,10' W
     
Du 26/11/05 au 28/11/05
 

 

   
   
   

Là haut, au bout du monde, au centre du cratère, sur les lèvres du petit volcan dans un désert de scories, entre feu et ciel,nous apprenons qu'un de nos compagnons de randonnée, Florent dit Flon est un ancien camarade d'école de mon frère Sébastien, du temps où il fréquentait l'école des mines de Nantes.

Putain, que le monde est petit!

(Nous apprenons aussi une histoire inédite à propos d'une croisière en Bretagne et une visite des douanes et certaines herbes qui font rire, mais je n'en dirait pas plus ici , car maman est susceptible de le lire...).

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26 novembre 2005
Le policier nous siffle depuis la terre et Pierre s’en va en annexe avec passeports et papiers du bateau. Il revient une demi heure après dépité : ayant fait notre entrée et sortie de territoire à Sal, le policier n’accepte pas que nous restions plus longtemps au Cap Vert et pour ce qui le concerne à Fogo. Ce petit port de pêcheurs, cette calme baie nous semblent si isolés du monde extérieur et cette décision si aberrante avec notre réservoir d’eau défectueux, que nous décidons de rester à Fogo, le temps de découvrir la ville de Sao Felipe et d’explorer le volcan. Le barbecue est sorti pour la première fois et une partie de la bonite est grillée, le reste mis en conserve, la daurade a déjà été conservée dans le vinaigre blanc.
Nous débarquons en annexe et découvrons l’enceinte qui abrite le minuscule port des pêcheurs. L’eau est claire et la couleur noire du sable fait ressortir les multiples déchets de poissons (tête, arrêtes, peaux…) qui jonchent le sol. Des enfants, des adultes se baignent. Des pêcheurs sont en train de tirer la peau de murènes tachetées, des rougets et ce que nous croyons être des labres sont réunis en grappe au bout d’un fil. La baie grouille de poissons, nous avons mis tout à l’heure au mouillage un simple hameçon et une ligne : deux minutes après, deux labres avaient mordu. On se baigne entouré de petits poissons et la nuit l’eau clapote du mouvement de poissons. Il parait que des langoustes se pêchent dans les trous de la falaise. Lorsque les pêcheurs débarquent sur la digue, une dizaine de femmes les attendent et chantent et crient. Les pêcheurs conservent leur matériel dans des placards, des box le long de la digue et les barques sont remontées sur la plage. Il n’y a pas d’habitations ici et le soir, le port est muet et ne vit que par sa vie sous marine.
Un jeune garçon se propose de nous garder l’annexe et de surveiller notre bateau, moyennant une petite rétribution. L’endroit parait si paisible, cela nous parait une effronterie, mais sans savoir, nous lui donnons deux euros. Deux aluguers entrent en concurrence pour nous emmener à Sao Felipe et nous partons avec l’un deux. La route est pavée de basalte et grimpe la falaise. Nous arrivons sur une petite place où deux quads en folie créent l’évènement. La ville est pentue, avec une partie haute et basse, qui comme l’ai-je lu reproduisent les couches sociales. Elle est caractérisée par les maisons à un étage et balcon en bois, les « sobrados », réservés anciennement aux riches blancs, les « brancos ». Ce que nous voyons ici, ce sont des maisons délabrées, l’église bleue principale à l’état d’effondrement, aucun bâtiment qui dénote de la modestie de l’ensemble de la ville. La ville respire la tranquillité, somnole à l’ombre des acacias, résonnent des pas nonchalants de ses quelques habitants. On joue avec des enfants qui conduisent une voiture fabriquée en bois dont le volant est un bout de ferraille torsadé ; on en suit qui se rassemblent dans la cour d’une école : une fête est donnée pour les droits de l’enfant, avec discours d’officiels sur l’enfant, avenir du Cap Vert. Suit lecture de poèmes, saynète jouée par des enfants…On boit un verre avec Manuel, le chauffeur de l’aluguer. Dans la rue, un homme nous demande si nous sommes Français et veut absolument nous offrir un verre. C’est le secrétaire du parc national de Fogo, complètement imbibé d’alcool et très amical. Dans l’épicerie où on s’est installé pour boire, des hommes lui font signer un engagement sur un post it et on se demande à quoi il s’est lié. Il nous apprend que sa sœur est exilée à Metz. Le Cap Vert vit en partie de ses émigrés qui sont installés surtout aux USA ; des petits drapeaux américains flottent dans des grosses voitures, on parle d’une base de soldats américains qui s’installerait sur l’île déserte, réserve d’oiseaux, de Santa Luzia. Manuel a 11 frères et sœurs, dont trois frères à Los Angeles. C’est grâce à eux qu’il a un pick up rutilant neuf.
La falaise qui borde la ville donne sur une immense plage de sable noir. Est-ce sur cette plage de Fogo que Francine allant pour se baigner avait été alertée par les appels de Cap verdiens : elle avait alors vu les ailerons de requins.
Le soir, nous allons écouter de la musique toujours conduit par Manuel. Il nous emmène dans deux bars restaurants sans qu’aucune musique en émane. Puis, nous allons dans un hôtel cinq étoiles à la clientèle internationale où se produit un groupe de Brava, genre souk antillais, autour d’une piscine (nous découvrons un endroit insoupçonné mais pas la musique que nous espérons). Enfin, nous arrivons dans un petit bar à la façade jaune où se joue de la musique traditionnelle : « morna » avec trois guitares, une voix et des percussions enregistrées. Les chanteurs se succèdent : l’un d’eux, voix grave, éraillée, magique.

27 novembre 2005
La route vers le volcan est pavée et grimpe en lacets, nous croisons chèvres et cochons vivants ou en train d’être découpés à même la rue, poulets qui s’enfuient sur notre passage. Des cultures de papaye, maïs, bananes bordent la route. Une paroi effondrée du volcan permet l’accès en voiture et nous roulons dans l’immense cratère appelé la « caldeira », la chaudière. C’est un paysage calciné de coulées de lave, de bombes volcaniques, de lapilli, de sable noir. Nous sommes au cœur de l’île, au cœur du mot Fogo qui veut dire feu. La plus récente éruption date de 1995 et a vu surgir un petit volcan dans le grand volcan. Au sommet, c’est un tourbillon de couleurs qui nous emporte, le jaune du souffre, le rouge ferrugineux, le noir de la lave. Et tout autour le paysage brûlé de la caldeira. Dans les trous, la terre est encore brûlante, on sent le souffre. On dévale la pente du petit volcan, et la lave crisse comme de la neige.
Dans la caldeira, se trouve le village de Chà, qui persiste et résiste malgré les éruptions. On y quête le fromage de chèvre, boule blanche humide, le vin, qu’on dit sang du volcan, le café qui réveille, pendant que dans l’épicerie la guitare se gratte. On mange, dans le patio d’une pension, le havre de verdure au milieu de la lave installé par un Français : chèvre à l’aneth, bananes flambées, mousse au chocolat à en lécher l’assiette. La pente sud du volcan dévale jusqu’à la mer et se couvre d’abondances : fruits, caféiers, vignes...

 

La caldeira de Fogo, un voyage au coeur du volcan

The "Fogo driving rally team"

Dernière mise au point tactique avant le départ

C'est parti!

Pièce de théatre jouée pour le 5ième anniversaire "des droits de l'enfant"

Le public trés attentif (quoique un peu indiscipliné)

La plage de sable noirs qui longe San Felipe

Art mural dans les rues de San felipe

Pas un chat en vue (se dit le chien)

A la recherche d'une bière bien fraiche (avec manuel)

Ici il ya des bières! "Sagres" ou "Super bock"?

Les gamins jouent dans les rues de San Felipe. Heureusement à la mi-temps on change de camp.