De
Sal
à
Fogo
16°45,233' N
22°58,797' W
 
14°55,10' N
24°30,10' W
24/11/05
 
25/11/05

 

Distance parcourue
149 Milles
Durée étape
29 heures
Vitesse moyenne
5,1 Noeuds

Zut on a raté Boa Vista!

Voila ce que c'est de trainer, on fait durer les adieux, on traine, on lambine et pendant ce temps le soleil il continue à avancer... Bon on en profitera pour rester plus longtemps à Fogo.

L'arrivée sur Fogo restera marquante surement une des iles les plus impressionnantes que nous ayons vu jusqu'à présent... (après Houat et Hoëdic évidemment!)

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Le 24 novembre 2005
Vers 11h, nous partons pour Boa Vista après avoir récupéré chez José entre autres les cartes électroniques de l’île de Pâques.
Le temps est gris, la mer est grise, mais il fait très chaud, le vent s’est rétabli au nord est. Nous quittons Sal. Nous nous sommes plus à Sal (« de loin l’île la moins attrayante de l’archipel » nous indiquait le guide nautique) et nous regardons une dernière fois nos amis, le port, la plage de sable noir, les grands réservoirs Shell, la terre desséchée brûlée, les volcans.
Le vent faiblit, la mer est plus agitée, nous nous rendons compte que nous n’arriverons pas à Boa Vista le jour, ce qui nous empêche de nous y arrêter. Nous pourrions attendre une nuit de plus dans la baie touristique de Santa Maria que nous avions pris soin d’éviter lors de notre escale à Sal, nous préférons rester en route et poursuivre sur Fogo : une nuit de navigation nous attend. Pour faire environ 130 miles depuis Sal en route directe, nous mettrons 30 heures. Le vent est pile derrière nous, Nord Est et nous faisons du Sud Ouest, ce qui nous oblige à décaler notre route pour éviter que les voiles battent intempestivement. Les deux premières heures, nous calculons un mauvais cap qui nous conduisait droit sur l’île de Santiago, cap que nous rectifions. J’entends de l’eau qui claque dans le fond du bateau et je constate en soulevant les planchers plusieurs litres d’eau. Pierre la goute : elle est douce et déduit la fuite du réservoir arrière d’eau. C’est la connexion d’arrivée d’eau dans le réservoir qui est desserrée.
La mer est hachée avec des vagues croisées, la navigation est très inconfortable, le génois bat constamment, j’ai l’impression qu’il ne terminera pas intact la traversée, la nuit, je roule dans la couchette, impossible de dormir, je m’imagine sur les rochers de Santiago. La nuit est noire sans étoiles, le ciel bouché par la chape nuageuse : le compas, dans cette noirceur, émet une lumière qui éblouit. Bref, je ne veux pas rester sur le pont et je fais mes deux quarts à l’intérieur, sortant la tête tous les quarts d’heure pour le tour d’horizon.

Le 25 novembre 2005
Le jour se lève tant bien que mal et Pierre dès le matin, prend une grosse daurade coryphène (52 cm). Nous voyons sur le fond nuageux, les reliefs noirs de Boa Vista et se dégageant des nuages, l’énorme cratère de Fogo, de la taille de l’île. Une couronne de nuages blancs le ceint à sa base, on distingue un petit volcan pointu à l’intérieur. Le vent est très vif, nous faisons des accélérations à 10 nœuds, nous longeons la côte à bonne distance à cause des récifs qui la bordent. Nous remarquons réparties sur les flancs du volcan, des habitations blanches, quelques taches de verdures. La côte est à pic et plonge dans la mer. C’est à ce moment là que le fil de pêche se déroule et que la canne se courbe. C’est un gros, sûrement ! Nous allons trop vite pour que Pierre puisse enrouler le fil et j’enroule le génois et nous mets presque face au vent pour ralentir. La mer étant formée, le vent ardent, le bateau gîte fortement. Nous perdons la lampe solaire que nous avions passé des heures à chercher aux Canaries et que nous avions acheté à Las Palmas. Le poisson est remonté et c’est un belle bonite.
Une heure après, nous arrivons au port de Fogo. Une digue abrite une petite baie : falaise à pic, veinée de rouge, plage de sable noir, eau noire. Des gamins se jettent à l’eau et nous proposent de nous accompagner au volcan. Un voilier sans mât mais avec moteur d’une vingtaine de mètres débarque et embarque des passagers, des petits ferry venant des autres îles accostent avec transfert de personnes et de marchandises, sous la surveillance d’un policier en uniforme.

L'ile de Sal disparait à l'horizon

reprise des activités d'éveil: pêche à la dorade...

La mer, toujours la mer aux reflets changeants

Fogo, un immense cratère émerge des nuages, altitude: 2820m

A l'approche de l'ile, le vent forcit un peu (je suis un peu décoiffé)

Ce soir filet de dorade en entrée et bonite grillée au dessert...