Le
24 novembre 2005
Vers 11h, nous partons pour Boa Vista après avoir récupéré
chez José entre autres les cartes électroniques de l’île
de Pâques.
Le temps est gris, la mer est grise, mais il fait très chaud, le
vent s’est rétabli au nord est. Nous quittons Sal. Nous nous
sommes plus à Sal (« de loin l’île la moins attrayante
de l’archipel » nous indiquait le guide nautique) et nous
regardons une dernière fois nos amis, le port, la plage de sable
noir, les grands réservoirs Shell, la terre desséchée
brûlée, les volcans.
Le vent faiblit, la mer est plus agitée, nous nous rendons compte
que nous n’arriverons pas à Boa Vista le jour, ce qui nous
empêche de nous y arrêter. Nous pourrions attendre une nuit
de plus dans la baie touristique de Santa Maria que nous avions pris soin
d’éviter lors de notre escale à Sal, nous préférons
rester en route et poursuivre sur Fogo : une nuit de navigation nous attend.
Pour faire environ 130 miles depuis Sal en route directe, nous mettrons
30 heures. Le vent est pile derrière nous, Nord Est et nous faisons
du Sud Ouest, ce qui nous oblige à décaler notre route pour
éviter que les voiles battent intempestivement. Les deux premières
heures, nous calculons un mauvais cap qui nous conduisait droit sur l’île
de Santiago, cap que nous rectifions. J’entends de l’eau qui
claque dans le fond du bateau et je constate en soulevant les planchers
plusieurs litres d’eau. Pierre la goute : elle est douce et déduit
la fuite du réservoir arrière d’eau. C’est la
connexion d’arrivée d’eau dans le réservoir
qui est desserrée.
La mer est hachée avec des vagues croisées, la navigation
est très inconfortable, le génois bat constamment, j’ai
l’impression qu’il ne terminera pas intact la traversée,
la nuit, je roule dans la couchette, impossible de dormir, je m’imagine
sur les rochers de Santiago. La nuit est noire sans étoiles, le
ciel bouché par la chape nuageuse : le compas, dans cette noirceur,
émet une lumière qui éblouit. Bref, je ne veux pas
rester sur le pont et je fais mes deux quarts à l’intérieur,
sortant la tête tous les quarts d’heure pour le tour d’horizon.
Le 25 novembre 2005
Le jour se lève tant bien que mal et Pierre dès le matin,
prend une grosse daurade coryphène (52 cm). Nous voyons sur le
fond nuageux, les reliefs noirs de Boa Vista et se dégageant des
nuages, l’énorme cratère de Fogo, de la taille de
l’île. Une couronne de nuages blancs le ceint à sa
base, on distingue un petit volcan pointu à l’intérieur.
Le vent est très vif, nous faisons des accélérations
à 10 nœuds, nous longeons la côte à bonne distance
à cause des récifs qui la bordent. Nous remarquons réparties
sur les flancs du volcan, des habitations blanches, quelques taches de
verdures. La côte est à pic et plonge dans la mer. C’est
à ce moment là que le fil de pêche se déroule
et que la canne se courbe. C’est un gros, sûrement ! Nous
allons trop vite pour que Pierre puisse enrouler le fil et j’enroule
le génois et nous mets presque face au vent pour ralentir. La mer
étant formée, le vent ardent, le bateau gîte fortement.
Nous perdons la lampe solaire que nous avions passé des heures
à chercher aux Canaries et que nous avions acheté à
Las Palmas. Le poisson est remonté et c’est un belle bonite.
Une heure après, nous arrivons au port de Fogo. Une digue abrite
une petite baie : falaise à pic, veinée de rouge, plage
de sable noir, eau noire. Des gamins se jettent à l’eau et
nous proposent de nous accompagner au volcan. Un voilier sans mât
mais avec moteur d’une vingtaine de mètres débarque
et embarque des passagers, des petits ferry venant des autres îles
accostent avec transfert de personnes et de marchandises, sous la surveillance
d’un policier en uniforme.
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L'ile
de Sal disparait à l'horizon |
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reprise
des activités d'éveil: pêche à la dorade... |
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| La
mer, toujours la mer aux reflets changeants |
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Fogo,
un immense cratère émerge des nuages, altitude:
2820m |
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A
l'approche de l'ile, le vent forcit un peu (je suis un peu décoiffé) |
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Ce
soir filet de dorade en entrée et bonite grillée
au dessert... |
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