Sal
   
16°45,233' N
22°58,797' W
 
Du 21/11/05 au 24/11/05
 

 

   
   
   

Nous attendions l'Afrique que nous connaissions (Mali, Cameroun, Angola) Nous rencontrons un climat différent fait d'amabilité et de disponibilité teintées d'indifférence (Hélène le raconte mieux que moi).

Une super idée à reprendre: diffuser à fond de la musique reggae dans les ateliers d'Euro-shelter, pour que les ouvriers puissent danser en travaillant!
En constatant le rendement et le sourire des ouvriers de l'atelier de Bonita, cela ne peut-être que bénéfique pour la productivité et les actionnaires...

(eh hop, je prend la clé de 10, la fais virevolter dans ma main, je fais un petit pas de coté, jeuuh serre l'écrou en me déhanchaaannnt, une pirouette et je saisit la popeuse, yeah! un deux, trois et quatre rivets, en marquant la mesure aveec les genoux, c'est trop coooool...)

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21 novembre 2005
Emotion mélange d’appréhension, de crainte et de joie, nous mettons pied à terre. Un grand gaillard très musclé nous aide à amarrer notre annexe. Il ne nous demande rien en retour et se remet à regarder impassiblement la mer. Dans ce geste, toute l’attitude de ce que nous apprendrons à connaître des Cap Verdiens de Sal est résumée : amabilité, disponibilité et indifférence. Nous marchons sans crainte le jour comme la nuit dans les rues de Sal et on nous laisse en paix. Aucune sollicitation. Les Sénégalais sont très différents. Ils vont vers nous, nous souhaitent bienvenue, nous demandent nos prénoms et certains cherchent à nous vendre leur marchandise (vêtement, montre, sac…) de façon insistante.
Nous débarquons comme tout bon navigateur hauturier chargés de notre grosse poubelle et nous cherchons un container pour l’y déposer. En chemin, nous croisons un groupe de Français et je m’approche vers eux pour demander où faire les formalités administratives (police maritime, douane). C’est ainsi que nous faisons la connaissance de Fanfan et de José, deux Français, basques de surcroît, arrivés à Sal avec leur bateau depuis trois semaines, en année sabbatique qui pourrait se transformer en retraite prématurée. José et Fanfan ont possédé un Armagnac. Ils ont maintenant un Sun Legend 41. Sur la coque, est reproduit le même tatouage Maori que sur la poitrine de José, comme si le bateau était une extension de son corps. Notre séjour à Sal se déroule en leur compagnie ainsi qu’avec leurs amis et en franche sympathie. Après les formalités, nous profitons du pick up collectif qu’ils prennent pour aller à Espargos, la ville principale de l’île. Les pick up s’appellent des « aluguers » au Cap Vert, et à Sal, l’arrière est doté de bancs sur lesquels s’assoient les passagers et c’est le décoiffage assuré, ou, si l’on s’installe à l’avant, on peut admirer la magnifique moquette à longs poils orange qui orne le bas du pare brise. Et tout le monde profite de la musique. Etendues arides plates sans aucune végétation, volcans à l’horizon, c’est le paysage qui borde la route goudronnée pour aller à Espargos. Espargos est un bourg tranquille de maisons en ciments au toit plat colorées vivement pour certaines ( bleue, orange…). Des ânes en lisière de la ville se reposent à l’ombre de maigres arbres. On trouve quelques épiceries, des boutiques usuelles (papeterie, boulangerie…), des petits bars et restaurants, deux cafés internet. C’est Fanfan et José qui nous servent de guides. Quelques étalages de fruits et légumes se trouvent à même les trottoirs : le prix varie entre deux et trois euros, ce qui est cher en comparaison avec d’autres pays africains, et montre la rareté de cette denrée sur l’île. La courge est vendue par tronçon, on achète deux carottes, un poivron, pastèques et choux ont des tailles de modèles réduits, on regarde une tomate bien mûre comme un objet rare, un plat de légumes cuits à l’eau est un festin dans un restaurant. Voyage qui transforme le regard. L’eau aussi est comptée. Une usine la dessalinise. On l’achète à la fontaine publique : des robinets surveillés par une gardienne détenant la poignée des vannes. Elle a de grandes lunettes épaisses et compte sur ses doigts combien on lui doit. Fanfan nous a donné l’idée d’aller à la saline, nous négocions le prix d’un taxi depuis Espargos. Un tunnel perce le flanc du volcan et nous accédons au cœur du cratère. D’un rayon d’1km, il forme une arène : dans le fond, au niveau de la mer, des bassins de sel. L’exploitation du sel est arrêtée mais il reste encore l’eau de mer à différents stades d’évaporation et des pyramides de sel. Subsistent aussi les poteaux du téléférique qui permettaient avec des chariots d’emmener le sel jusqu’au port à quelques centaines de mètres de là, et les baraquements du personnel de la mine.

22 novembre 2005
Nous avions constaté une fêlure dans le chandelier qui soutient la filière du bateau et nous cherchions un soudeur d’inox. José, après investigation, nous indique Bonita. Depuis Espargos, il fallait arrêter un taxi et lui demander de nous arrêter à l’atelier de Bonita. C’est un garage dans les confins d’Espargos, au milieu d’un quartier résidentiel, où est entreposé le matériel de réparation de voitures et où trônent d’énormes amplificateurs qui diffusent à fond de la musique reggae ou disco. Bonita n’est pas là et ses employés nous invitent à l’attendre : ils dégagent un vieux banc de pick up et nous font signe de nous asseoir. Bonnet de laine aux couleurs Rastafari, barbiche, lunettes de soleil de star, les jeunes garçons ondulent en rythme tout en travaillant. Ils ont l’air de prendre du plaisir à être ici, au travail et en musique. L’un d’eux est en train de découper avec des gestes précis, du skaï pour recouvrir un siège de pick up tandis que ses jambes s’agitent sur la musique. Les réparations se font en plein air à l’ombre d’un faux poivrier et d’une bâche en plastique. Tout traîne par terre : bout de ferraille, roue, seau, bouteille d’azote, grillage, fil… Des voitures attendent les réparations : 504 peugeot, Lada entrain d’être repeinte, 4L bleue délavé, pick up, moto désossée . Un chien boiteux à l’oreille pelée trouve abri à l’ombre d’une voiture. Non loin de là, une vache sous un arbre nous regarde. Au mur extérieur du garage est suspendu un morceau de tôle noire martelée, soudée, de forme carré, exposé sur l’espace dégagé comme un tableau ; quelques mètres plus loin, sont affichées les pages bleuies d’un magazine des années 60-70 : on voit Cesaria Evora jeune, une photo du Cap Vert indiquant « Ilha da Sabura », « Feel good Island », « Gente autentica », une photo d’Occidentaux sortant d’un supermarché et transportant leurs courses dans le coffre de leur voiture, une autre image montrant une pimpante dame en train d’essayer des chaussures chez le marchand de chaussures. Bonita arrive, jeune homme d’1m60, au bonnet Rasta, boucles d’oreille, sac en bandoullière sur lequel se découpe la carte de la Jamaïque, combinaison grise de travail siglée « aide au développement ». Il envoie chercher une baguette de soudure en inox , puis, ajuste son masque de soudure par-dessus ses lunettes de soleil de Star et réalise la réparation.

Nous allons avec masque et tuba observer l’épave du port. José nous a appris que c’était un caboteur qui avait coulé il y a trois ans et que l’endroit était très poissonneux. On voit le bateau en bois couché au fond de l’eau et le mât qui, avant qu’on arrive, était dressé et sortait de l’eau, est maintenant allongé sur le sable. Il y a encore le feu à retournement orangé. Des petits poissons de diverses sortes évoluent sur la zone. Le ciel est très nuageux et l’eau n’est pas très claire, assez agitée, ce qui renforce l’impression triste qu’offre la vue du bateau couché au fond de l’eau comme un animal blessé et à jamais perdu. On ne s’est pas beaucoup attardé.

Sur le port de Sal, des douches sont installées et une gardienne est chargée d’encaisser le prix de la douche (0,25 euros). Elle est vêtue d’amples robes à fleurs, alanguie, toute la journée assise, à moitié allongée sur des sièges, grignotant des fruits, un large sourire au visage tout en restant disponible pour les clients, montrant le petit croché où installer ses vêtements, répartissant hommes et femmes.
Ici, lorsqu’une personne croise une autre personne qui lui demande comment ça va, elle répond : « tranquile ».

23 novembre 2005
Nous pensions partir aujourd’hui pour Boa Vista mais un vent du sud sud ouest, nous en empêche. Nous allons vérifier les informations meteo sur internet à Espargos. Confirmé. Une perturbation est au nord des îles, créant vent de Sud Ouest modéré à fort.
A Espargos, nous achetons 5kg de farine que l’on nous met directement dans un sac plastique, une partie d’un régime de bananes vertes.
Depuis notre arrivée, le temps est couvert, gris, le soleil perce parfois vers midi, mais il est rare, il fait néanmoins 25° à 30°C. Nous pensions à la pluie mais sans vraiment y croire (il pleut deux à trois fois par an). Mais c’est aujourd’hui 23 novembre que la pluie tombe. Et ici lorsqu’il pleut, il fait soleil, ce qui donne une magnifique lumière. Nous nous promenons tranquillement sous la pluie, les Cap Verdiens eux, fuient la pluie, les rues sont désertes, il reste un petit groupe autour du kiosque rouge Coca cola sur le port, qui chante et joue de la guitare. Les gouttes qui tombent ont des allures de notes de musique, les notes de musique pleuvent. Le Cap Vert enfin tel qu’on se l’imagine, musical, parce qu’on nous a dit que pour la musique, ce n’est pas ici, il fallait aller à Mindelo. Pour nous le Cap Vert, ce sera sans Mindelo, nous préférons aller loin d’une grande ville et hors des sentiers battus par les navigateurs, découvrir les îles sous le vent. Plus de cent voiliers sont au mouillage de Mindelo.
Le soir, après un apéritif aux acras de poisson (achetés à Dina, la jeune fille qui les vend dans les rues de Sal après l’école) et au cortado (rhum local appelé grogue mélangé à du ponche), sur la terrasse d’un petit bar devant le port, José et Fanfan et leurs amis nous introduisent (c’est une initiation) auprès de Mme Brochette. Mme Brochette est une matrone plantureuse qui élève des volailles et fait barbecue chez elle, dans la cour aux murs autrefois blancs, maintenant pelés, fermée par un toit de palmes. Nous mangeons du poulet mariné cuit sur la braise et buvons une caipirinha de sa composition assis sur des bancs en bois, dans la fumée du barbecue. Renseignés par la fumée , les convives arrivent, des équipages de bateau pour la plupart et ça se régale et ça papote et ça déborde jusque dans la rue.

Les salines de sal

Dans les rues de Porto da Palmeira

La place principale d'espargos, ville principale de Sal

Dans les rues d'espargos

La marchande des 4 saisons

- Ils sont beaux mes légumes!
- Il me semble que ce sont des fruits...

Le cyber café, grace auquel nous avons pu lire vos messages (peu nombreux d'ailleurs. J'en profite pour remercier ceux qui m'ont souhaité un bon anniversaire... C'est bien beau de se mettre les pieds sous le clavier pour déguster un site alléchant, il faudrait aussi vous donner la peine de nous donner des nouvelles, non mais!)

Le "supermarché"

La pluie n'empêche pas les cap-verdiens de chanter autour du kiosque xxxx-xxxx.
(Depuis que j'ai entendu sur RFI que la société xxxx-xxxx avait été condamnée au Mexique à payer 60 millions de dollars d'amende car elle avait menacé de ne plus livrer une petite commerçante si elle continuait à vendre les produits d'une autre marque, j'ai décidé de ne mettre plus que du Pepsi dans mes "Cuba Libre".
A bas l'impérialisme américain!)

Le mouillage de Porto da Palmeira (vous pouvez toujours chercher un petit bateau jaune... vous ne le trouverez pas, il est caché par des bateaux plus gros)

The "trotinette racing team"

La trotinette "custom"

Amuitz au mouillage derrière caracolito

Qui c'est qui prend la Photo?

Je pense bien que c'est José qui prend la photo...

Chez madame Brochette... (A gauche Fanfan et José)

effet du Cortado?

(1Cortado = 1/2Ponche + 1/2Grogue, "extrait du petit chimiste illustré")

Madame Brochette

La fille de madame brochette