


Lanzarote 30 septembre
au 8 octobre
A Lanzarote, la lave des volcans coule dans le soir déclinant,
explosion à heure fixe, sans drame, douce, enchanteresse, caillots
de sang jetés dans l’horizon, saignée millénaire
sans cri, sans bruit.
Lanzarote, lèvres volcaniques, bouches en feu, lave dans les nuages.
Coulée de lave vers la mer, coulée d’encre noire dans
la mer. Je ne sais si c’est le feu des soleils couchants qu’expulse
les volcans.
Lave défunte, terre calcinée qui fomente le raisin et accouche
le vin, vin de feu, bouche en floraison, palais printanier. Je bois à
toutes les éruptions, à tous les désastres qui génèrent
la beauté, au pur noir, à la flamme, à la purification
par la mer.
Je cours sur les pentes volcaniques, me jaillit, m’expulse, lapilli,
bombe volcanique, postillon de Vulcain, basalte contenant le secret de
l’olivine ; l’olivine est porté au cou de ma mère
– Lanzarote : colliers de volcans sertis de mer- aux ongles de ses
pieds et de ses mains, l’éclat des vagues, dans le cratère
de sa bouche, les histoires mille ans contées – tous ces
mots sans histoire vers où coulent-ils, mots sans incarnation,
pour le seul plaisir de l’éruption – elle enseigne
la géologie des formes familières : olivine des yeux, peau
carbonite, coulée de jambes.
Pourquoi le mouvement
quand tout finit figé, définitif, quand le sol se troue
de tubes volcaniques, des « jameos », seule façon de
respirer, de trouver l’oxygène et de se protéger des
dards solaires quand tout brûle au contact, à la surface,
trouver refuge dans la croûte terrestre et se sentir bien, à
la manière d’une éclipse, disparaître par la
lune, être couvert de la lune et de ses cratères, se bercer
d’histoires, d’illusions optiques, et ne plus éclairer.
Qu’y a t-il au-dessous du volcan ?
Il reste cendres, pluie de pierre, écume dont on retient à
jamais l’éclat. J’aurais voulu soulever la coulée
de lave comme le voile d’une mariée barbare, fuir avec les
hérons cendrés, loin des yeux morts des volcans, des orbites
desséchés, des peaux tannées et ridées, récolter
l’or des couchants que l’on ne sème, la pluie des perles
sèches, vivre dans le vent et les horizons ébahis.
Nées du néant,
merveilles vermeil d’un an né.
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Arrivée
à Arrecife |
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| Un
célèbre petit bateau jaune au mouillage dans le
port d'arrecife... |
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| A
la tombée du jour, le ciel s'enflamme. Reminiscence de
volcans? |
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| El
Charco de Gines à Arrecife |
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"femme
libre toujours tu cheriras la mer"... |
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Aux
hervidores, où la lave rencontre la mer. |
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| Là
on est au niveau du point rouge de la photo précédente. |
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Les
vignes de la région de La Geria
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