Funchal
   
32°38,702' N
16°54,623' W
     
21/09/05 au 25/09/05
 

 

Une petite pensée pour Michelle...
   

Voici Madère. C'est encore l'Europe, presque l'Afrique, Pas encore l'Amérique, l'Atlantique? certainement.

Madère, c'est un avant goût de la suite, la certitude que le retour n'est plus possible, qu'il faut aller de l'avant. Le chemin du retour passe par l'ouest. Le retour, ce sera après notre futur, après l'Atlantique et le Pacifique.

Madère, c'est un arrière goût d'inachevé, de temps qui nous manque. A peine installé dans un rythme, nous devons changer de mesure, prendre le poul d'une autre société, découvrir, être attentifs, suivre de nouvelles vagues.

Madère, C'est nulle part, Madère, c'est un grain de riz perdu sur la carte, une étape improbable dans un chant de vagues.

Madère est inaccessible. Madère c'est des falaises des montagnes dont on ne voit pas le sommet, des monts de brumes. Une forêt dense, des pentes sur lequelles les hommes s'agglutinent, s'accrochent à la vie. La vie trépigne.

Madère c'est aussi un premier bilan. Une étape symbolique: -"pourquoi voulais-tu aller à Madère?"

-"Pour y acheter une bouteille de vin..."

-Mission accomplie-

Madère c'est aussi le mal de mer qui ne passe pas, 3 jours à vomir toutes les deux heures, l'angoisse de la suite, cela va t-il durer? Le livre du docteur Chauve dit que cela cesse au bout de deux ou trois jours, sauf cas exceptionnel... Angoisse d'être quelqu'un d'exceptionnel...

Madère, c'est un mois depuis le départ, Madère, c'est un sillage qui s'étire sur plus de 1000 milles, 1300 milles exactement. 1000 milles, une distance symbolique qui usuellement sert à distinguer les bateaux qui naviguent de ceux qui restent au port. (Il navigue beaucoup, Il fait 1000 milles dans la saison). Je saisis un peu plus la démesure de tout cela, 1300 milles, 1 mois de voyage, il en reste 29000, et plus de 30 mois.

Madère, c'est un autre départ, la promesse des Canaries, Madère, c'est l'attente de la suite, l'impatience, la peur de l'inconnu, l'angoisse du futur, l'esprit des découvertes, terra incognita.

Madère, c'est les Iles Canaries, bientôt...

 

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Du 21 au 25 septembre Funchal

Funchal : son nom vient du fenouil qui couvrait le sol au moment de la découverte de l’île. Cave de vin de Madère, dégustation gratuite et renouvelée (à peine avons-nous touchés terre que nous allons accentuer notre mal de terre en buvant du vin), jardin botanique et fleurs éparses, premier Wahoo dans notre assiette, atmosphère de ville de montagne, montagnes pelées àl’Eira do serrado serrées dans nos bras-. Ah ! Que Madère ne dépayse, on voudrait oublier l’Europe, se dire, c’est fini l’Europe, on est au milieu de l’Atlantique, à 500 milles de l’Europe, mais Madère c’est l’Euro, l’Europe, les Européens, la légende de l’île dépasse sa réalité, rêvez à Madère, faites la traversée jusqu’à elle, et découvrez là mieux qu’on aura su la découvrir . on l’imaginait verte, sauvage, florissante; ses sommets sont secs, ses fleurs en septembres rares, ses montagnes grignotées par les routes et les habitations.
Pourtant les montagnes sont belles «que bellas, que bellas las montanas» s’exclame un Italien au port.
Pourtant les rencontres sont belles: Dirk et Stina, deux allemands en année sabbatique et boucle transatlantique, un pêcheur au gros nous offre un morceau de Wahoo au nez et à la barbe de son patron qui le lui avait interdit, nous croisons un accompagnateur de montagne, Jacques de la vallée d’Aspe et sa femme, Françoise (ah ! plaisir d’entendre l’accent du sud), nous retrouvons Philippe et Francine ,nous faisons connaissance avec Danièle, navigatrice solitaire. On se propose de nous acheter notre Caracolito (ah non)…Après trois semaines de mer, et désirant rallier la Tunisie depuis le Sénégal, en désespoir de vent, un bateau complètement délabré fait escale au port, il est convoyé par deux hommes dont l’un, la gueule corsaire, émerge le lendemain vers midi, souriant mais avec une énorme balafre au visage et à notre question si ça va, il répond «c’était samedi soir !»

Funchal est marquée de l’époque des premiers colons portugais (rues pavées, arcades, patios, église et couvents), ses rues malgré le grand nombre de touristes appartiennent bien aux habitants de l’île, elle est parsemée de jardins frais, le marché fait exploser les papilles (dégustation de fruits et de vin) et les pupilles (étals de poissons : thons, sardines, murènes ; étals de fruits exotiques : fruits de la passion de toutes sortes, fruit du filododendron au goût entre la banane et l’ananas, mangue, bananes…) et familiers (poires, pommes, raisin, figuee…) fleurs coupées (hibiscus rouges, oiseaux de paradis, combien d’autres sans nom…).
On découvre la plus ancienne cave de vin de Madère, on y va et on y reva, on ne se lasse pas de déguster les Madère 5 ans, 10 ans, 15 ans d’âge, Bual 1969, ensuite, on prend la mer et on a le mal de mer.

 

 

 

 

arrivée à Funchal au moteur (pas de vent...)

rua de santa maria

Forte de Sao Tiago

A l'intérieur de l'ile, vue vers la côte

:Eira do serrado (1080m) vue sur le village de Curral das Ffreijas (540m)

Le sol est 1000m plus bas: il est interdit de jeter des cailloux car il ya des ouvriers en bas...

Une fleur echappée du jardin botanique...

Zarco, découvreur, colonisateur de l'ile...

Funchal...

rues du centre ville (là où c'est relativement plat)

idem

Le marché: les fleurs...

Les bonites (1,99euros le kilo...)

Poissons espada, ils vivent à 1000m de profondeur d'après le marchand (et ils ne sont pas beaux)

Le marché (vue générale)