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Je la pensais blanche, tortueuse, Lisbonne est rose et ronde, je la pensais
nostalgique, un peu triste, Lisbonne est douce, indolente, pastel, ocre,
italienne. Lisbonne se regarde du Tage et Lisbonne se reflète dans
le Tage, Lisbonne se regarde elle-même d’une colline à
l’autre, d’un point de vue à l’autre, d’un
belvédère à l’autre, Lisbonne s’admire,
se trouve belle, n’en finit pas de se contempler, elle est un regard
et elle multiplie le regard, de la ville basse vers la ville haute, du
castel Sao Jorge vers l’Alfama, du Rossio vers le Castel Sao Jorge,
de la tour de Belem vers le Tage et du Tage vers le monument des Découvertes,
sous le pont du 25 avril, vers le Christ Roi… Lisbonne contient
Lisbonne, contient Lisbonne, contient Lisbonne, contient Lisbonne, et
Fernando Pessoa est Alveiro de Campos, Bernardo Soares, Ricardo Reis,
Alberto Caeiro… Je m’assois à côté de
Fernando Pessoa, rua Garett, je bois un café à la brasserie
« A Braseileria », je vais à la casa Fernando Pessoa,
au belvèdère Santa Catherina ; place du commerce, j’entre
au Marthino da arcada. Je suis rue des Douradores, entre l’art et
la vie, l’art étant au 2ième étage, la vie
au RDC, je suis dans Lisbonne et avec Fernando Pessoa, entre la rue des
Savetiers et la rue des Tanneurs, entre l’inutile et l’utile,
dans l’infime glissé dans le quadrillage serré de
la ville.
Barrio Alto Alfama Si j’avais acheté le carnet de notes « Moleskine » à 11,50 euros, j’aurais écrit comme Hemingway, Chatwin ou dessiné comme Picasso. (c’est ce que suggère la publicité). Tant pis, j’écris sur un vieux cahier Carrefour à 12F50. Chatwin publie son 1er livre « en Patagonie » à 37 ans. A l’intérieur du livre, il note « 32 ans , l’âge où meurt les génies ». Je peux écrire, tranquille. Chatwin notait tout, mais alors tout. Je me demande comment il faisait techniquement, si lorsqu’il parlait à quelqu’un il se retournait pour écrire ou s’il s’absentait très souvent pour aller aux toilettes. Pessoa ( Bernardo Soares) se sentait vivant à travers ses sensations , Proust, par ses sensations retrouvait le temps perdu. Il faudrait être entre Pessoa-Proust et Chatwin :décrire et que la description amène des sensations. Je me demande s’il est possible que Pessoa ait lu Proust, je devrais vérifier les dates, je ne l’ai pas vu dans la bibliothèque de Pessoa, j’aurais du demander à la bibliothécaire de la casa Pessoa. A la place, je lui ai demandé comment recharger ma carte de bus. Elle m’a indiqué la tabacaria la plus proche. Je crois rêver : la tabacaria la plus proche de la maison de Pessoa. Pour le centenaire de la naissance de Pessoa, des silhouettes au pochoir habitaient les murs de la ville. Je les ai cherché, en vain. Partout, j’ai croisé le portrait d’un type aux grosses lunettes qui disait « I got erection ». Pendant qu’un cyclone souffle un nouveau choc pétrolier,
nous allons à la voile, autour du monde, évitant les cyclones.
Nous achetons une bouteille de Porto millésimée 1995 ; nous la boirons à petite goulée, très lentement, très très lentement. J’explique au boutiquier les raisons du choix de l’année, il croise les mains de l’air de dire « je n’y comprends rien , je ne parle pas français ». Tant mieux. Perdu en Espagne à Combarro, je le retrouve au Portugal au Castel Sao Jorge de Lisbonne, le nom de la petite fleur bleue : Plumbago (orthographe très incertaine) . Rencontrés à La Corogne, perdus de vue depuis, retrouvés à Lisbonne : Elise et Thibault. Avec eux : tasca cubana, salsa, mojito, caipirhinia. On est encore à Lisbonne ? En cherchant un cybercafé : Cyber café « espaço net » Rua Augusta, Pierre
à l’ordinateur, moi, au balcon. Je suis encore à Lisbonne et je suis déjà vers Madère,
en mer, je suis encore à Lisbonne et Lisbonne me manque, je voudrais
aller à travers ses rues, je voudrais encore écrire sur
Lisbonne et Lisbonne est dans le noir, derrière moi, dans mon dos,
j’ai froid dans le dos. Nous sommes venus chercher du temps, plus de temps à nous, et
de l’espace, de nouveaux espaces à notre vue, nous sommes
venus élargir notre temps et notre espace. Et bizarrement, le temps
nous est compté, les traversées nous épuisent, les
villes nous remplissent à ras bord. Ni tranquilles, ni au repos.
Parfois, rares moments, nous trouvons un espace inhabité, un temps
inoccupé, du rien : l’infime beauté de la nuit, la
mer qui nous hypnotise par son vide.
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| La Praza do comercio |
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| Elevador de santa justa |
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| Les rues du barrio alto, lieu d'animation en soirée où se mêlent bars branchés, resto à touristes et boutiques de mode |
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| Dans les rues de lisbonne |
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| Les toits de lisbonne (miradouro de Santa Catarina) |
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| Le chateau de Sao Jorge |
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| Toujours le même chateau... |
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| Sao Jorge (la statue!) |
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| Coucou ! |
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Balade sur le chemin de ronde |
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Drole de gargouille... |
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Les toits du quartier de l'Alfama |
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Les
ruelles de l'alfama... |
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Monastère
des Jeronimos |
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A l'intérieur, la tombe de Vasco de Gama (je sais c'est un peu flou mais c'est le mieux qu'on peut faire sans le flash) |
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| En face de la tombe de Camoes |
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La voute de l'abbatiale (avec effet artistique simulant le bougé...) |
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Le cloitre du monastère des Jeronimos |
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d'autres arcades du cloitre... |
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Le premier étage du cloitre |
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Le musée de la marine: maquettes des premiers navires des explorateurs portugais (échelle 1/20). Au premier plan la barque utilisé par Gil Eanes pour doubler le Cap Mojador |
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effet de flou sur une maquette de caravelle (ech: 1/20) |
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premiers galions (ech: 1/20) |
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Le monument des découvertes (voir également le départ de lisbonne vers Porto santo) |
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La tour de Belem |
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Dans une guerite de la tour de Belem (Anne ma soeur Anne, ne voit tu rien venir...) |
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| Caracolito, un peu perdu dans la Marina da Alcantara... |
