De
Muros
à
Combarro
42°45,40'N
9°04,00' W
 
42°27,5' N
8°42,2' W
29/08/05
 

 

Distance parcourue
38 Milles

Rien à voir, Rien vu... sauf du gris.

Vive le GPS!

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Le 29 août Combarro
Nous partons pour la baie de Pontévedra, nous passons entre les rochers et ce bel exercice de navigation a un bel effet sur nos nerfs. L’après midi, le brouillard s’est installé, nous naviguons entourés de murs, sans aucune visibilité, nous croisons un voilier à 200 m qui perce le mur puis rejoint le brouillard. Il nous faut avancer sans voir, sans savoir ce qu’il y derrière le mur, il nous faut repousser le mur, le mur absolument sans consistance, sans forme, qui se défait et se refait sans cesse, nous luttons contre un invisible, nous pensons être au milieu d’un nuage, au ciel et la mer est cet improbable, ce paysage au dessus d’elle qu’elle reflète. Une bouée rouge surgit à l’avant du bateau, une tourelle apparaît côté tribord puis disparaît. Nous entendons le bruit persistant et fort d’un bateau, nous guettons son surgissement, nous imaginons un bolide se jeter sur nous, nous sommes prêts à virer. Sur une route parallèle à la notre, les formes atténuées par les brumes, inoffensif, le chalutier rouge apparaît.
Nous sommes maintenant dans la baie de Pontevedra mais nous pourrions être en pleine mer, nous ne voyons rien, nous allons à Combarro au fond de la baie, toute la baie à traverser en aveugle, guidé par le GPS. Et, majestueux comme dans nos pires imaginations, haut et long de 200 m, coque noire et rouge entourée de brumes, un wraquier apparaît sur tribord, notre cœur s’arrête de battre jusqu’à voir la petite chaîne d’ancre sur son avant qui plonge dans l’eau et l’immobilise. Je regarde le sondeur : il mouille par 24 mètres de fond. Nous passons à côté de lui, nous lisons son nom « Triada ». A côté de lui, passe un bateau aussi énorme que Triada, gris, à pleine vitesse. Nous sommes près d’un grand port industriel (Marin) et nous ne voyons que brumes, une enveloppe de ouate nous protège, nous nous déplaçons sur un nuage, fragiles.
Nous tournons après l’île de Tambo et miracle, le port de Combarro est baigné de lumière. Toute la baie de Pontévedra est dans le brouillard, seul perce le soleil au dessus de Combarro. Nous sommes le seul voilier à mouiller, nous gonflons vite l’annexe pour aller à terre. Combarro est un petit port de pêche traditionnelle avec des barques et des filets étalés sur le quai. Le vieux village est bordé de greniers galiciens en pierre et bois, construits sur pilotis, qui servent à préserver pommes de terre et maïs des rongeurs. Dans la ruelle principale, marchands de souvenirs et d’Orujo casero (alcool fait maison) cherchent à nous attirer dans leur arrière boutique, une petite vieille y parvient avec des airs de conspiratrice, nous fait goûter toutes les déclinaisons de l’Orujo, aux herbes, au lait, au café, bon pour le ventre, bon le matin, dulce, nous repartons une bouteille sous le bras, la tête qui tourne. Des sorcières rient dans les rues, c’est la « suerte de Galicia ». Nous prenons un plaisir immense à être seulement passants, à regarder ça et là, un bougainvillier, les maisons en pierre, des visages, même notre petit bateau Caracolito, jaune étincellant sous le soleil rasant des fins d’après midi, entre les maisons, au dessus d’un toit, plaisir de manger des sardines à la braise et des pommes de terre, le soir au bord de l’eau, de boire du vin rioja, et oublier le paysage inquiétant de la mer dans le brouillard.

Bilan de la pêche : pris quatre maquereaux, perdus trois mitraillettes et un raglou à yeux verts qui bougent.

J’ai oublié le nom de la petite fleur bleue qui grimpe le long des murs, on peut en faire des pergolas et il en pousse à Cavalaire, j’en ai vu à Combarro.

Cette nuit, on sentait un léger, très léger balancement du bateau, les mouvements étaient atténués, le monde extérieur semblait loin, nous étions bercés, protégés par une enveloppe d’eau, dans le giron de la mer, comme dans le ventre d’une femme enceinte.

 

Apparition dans la brume
Combarro

Au fond il y a un petit bateau jaune...

Plage de Combarro

Les greniers de Combarro où l'on entrepose du maïs ou des patates...

Il faudrait qu'on comprenne comment fonctionne le réglage du contraste sur notre appareil photo...

Un petit bateau jaune se cache dans le décor, saurez vous le retrouver?

Barques de pêcheur... (une barque verte se cache dans le décor, saurez vous la retrouver?)

La guapa du bord...

étape gastronomique en Galice

Dauphins dans la baie de Combarro